Les discussions sur les réformes en Grèce avancent, selon la CE

dimanche 20 mars 2016 17h17
 

BRUXELLES, 20 mars (Reuters) - La Commission européenne a fait état dimanche de progrès importants dans les discussions entre la Grèce et ses créanciers européens sur les réformes de sa fiscalité et de son système de retraites, qui font partie du paquet de mesures qu'Athènes doit adopter pour avoir droit à de nouveaux prêts et à un allègement de sa dette.

Une mission d'inspection de la Commission européenne, de la Banque centrale européenne et du Fonds monétaire international a quitté le pays dimanche après deux semaines et demi de travail.

"La mission a été productive. Des progrès significatifs ont été accomplis sur le projet de réforme de l'impôt sur le revenu", a dit un porte-parole de l'exécutif européen.

"La mission a réalisé d'importants progrès sur des aspects clés de la réformes des retraites. Le travail se poursuit et continuera pendant la coupure de Pâques. Les chefs de mission seront de retour à Athènes le 2 avril pour reprendre les discussions avec l'idée de les conclure le plus tôt possible."

Le Premier ministre grec Alexis Tsipras espère conclure rapidement cette "revue" des réformes prévues par l'accord d'aide conclu l'été dernier afin de pouvoir entamer des discussions avec les créanciers internationaux sur un allègement du fardeau de la dette et montrer ainsi aux Grecs que les sacrifices consentis depuis six ans portent leurs fruits.

Mais les discussions patinent depuis des mois en raison de désaccords entre Athènes et ses créanciers, mais aussi entre l'UE et le FMI, sur les objectifs budgétaires et les nouveaux efforts à demander.

Selon des sources proches des tractations, les représentants de l'UE se sont montrés plus cléments que le FMI, qui a averti qu'Athènes pourrait avoir besoin de bien plus d'aide que ce que ses partenaires de la zone euro sont prêts à envisager.

Une réunion des ministres des Finances de la zone euro en avril sera cruciale pour la Grèce, qui est aussi en première ligne de la crise des migrants.

Le gouvernement, qui ne dispose que d'une étroite majorité de trois sièges au Parlement, s'est engagé à réduire les dépenses de retraites dans une proportion de 1% du produit intérieur brut cette année, mais il veut à tout prix éviter de réduire le montant des pensions pour une 12e fois depuis 2010.

Selon des sources gouvernementales grecques, le FMI s'est opposé lors du dernier round de négociations à une hausse des cotisations de sécurité sociale et il a prôné un abaissement du seuil d'exemption d'impôts pour les petits revenus. Il a aussi rejeté un plan prévoyant des incitations pour que les évadés fiscaux déclarent leurs revenus cachés. (Jan Strupczewski, Véronique Tison pour le service français)