Recapitaliser EDF se ferait sans incidence sur le déficit-Sapin

vendredi 18 mars 2016 09h52
 

PARIS, 18 mars (Reuters) - Une éventuelle recapitalisation d'EDF par l'Etat passerait par la vente de participations dans d'autres entreprises et n'aurait aucune incidence sur le déficit public, a déclaré vendredi le ministre des Finances Michel Sapin.

"Si nous devions recapitaliser toute entreprise publique, (...) nous ne le ferions que par une gestion (...) de nos actifs, c'est-à-dire en vendant d'autres participations dans d'autres entreprises", a-t-il dit sur Radio Classique.

"Il n'est pas question (...) d'augmenter l'endettement de la France (...) Ça se fait à l'intérieur de notre portefeuille", a insisté Michel Sapin.

Le ministre de l'Economie Emmanuel Macron a évoqué jeudi la possibilité de venir en aide à EDF pour financer le projet de centrale nucléaire d'Hinkley Point, en Angleterre.

Ce soutien, a-t-il précisé, pourrait prendre la forme d'une renonciation au dividende ou d'une augmentation de capital d'EDF, dont l'Etat détient 84,9%.

"Nous n'avons pas décidé à ce jour quoi que ce soit de cette nature", a souligné vendredi Michel Sapin. "Nous avons demandé à EDF de faire un certain nombre d'efforts de gestion, et d'efforts dans le choix de ses investissements, et c'est à partir de là que l'Etat prendra ses responsabilités."

EDF peine à boucler le financement du projet Hinkley Point, estimé à 18 milliards de livres sterling (23 milliards d'euros environ) et doit procéder parallèlement à de lourds investissements dans le parc nucléaire français et au rachat de l'activité réacteurs d'Areva, le tout dans un contexte de chute des prix de l'électricité.

Le PDG d'EDF Jean-Bernard Lévy a réfuté des estimations parues dans la presse selon lesquelles le groupe aurait besoin d'une augmentation de capital pouvant atteindre 11,7 milliards d'euros et a répété que le groupe comptait prendre bientôt sa décision concernant Hinkley Point. (Simon Carraud, édité par Dominique Rodriguez)