Heineken veut prendre le contrôle du 1er brasseur indien-sources

jeudi 17 mars 2016 10h52
 

BOMBAY, 17 mars (Reuters) - Heineken va probablement demander à Vijay Mallya de démissionner du conseil d'administration du premier brasseur indien United Breweries , a-t-on appris de trois sources proches du projet.

Ce départ, expliquent-elles, pourrait être le prélude à une montée du groupe néerlandais à plus de 50% au capital du propriétaire de la bière Kingfisher.

Heineken a acquis 37,5% d'United Breweries en 2008 lors du rachat de Scottish & Newcastle et il a depuis porté sa participation à 42,4%. Il pourrait aujourd'hui profiter des difficultés financières et judiciaires de Vijay Mallya, liées à la faillite de la compagnie aérienne Kingfisher Airlines, pour s'en assurer le contrôle.

Si deux tiers des Indiens ne boivent pas d'alcool, la plupart pour des raisons religieuses ou culturelles, le pays reste un relais de croissance pour les brasseurs, qui profitent de l'urbanisation et de l'essor de la classe moyenne.

L'Inde représente déjà 13% de la consommation mondiale de bière et la croissance des ventes en volume devrait y dépasser celle du marché mondial, selon l'agence Moody's.

Les sources, qui ont requis l'anonymat, ont précisé qu'Heineken envisageait soit de demander à Vijay Mallya de démissionner du conseil d'United Breweries, qu'il préside pour l'instant, soit de convoquer une assemblée générale pour l'en exclure.

Un porte-parole d'Heineken s'est refusé à tout commentaire sur une éventuelle volonté du groupe de prendre le contrôle d'UB Group, déclarant simplement que l'Inde restait "une opportunité enthousiasmante".

Mallya et un porte-parole d'UB Group n'ont pas répondu à des demandes de commentaires.

Vijay Mallya, héritier de l'empire familial, a déjà dû abandonner au britannique Diageo le contrôle d'une autre société, United Spirits, dont il a quitté le mois dernier le conseil d'administration en empochant une indemnité de 75 millions de dollars (66,4 millions d'euros).

Il a quitté l'Inde il y a quelques jours alors que ses banques créancières cherchaient à lui faire confisquer son passeport par la justice, et on ignore pour l'instant où il se trouve.

(Sumeet Chatterjee; Marc Angrand pour le service français, édité par Wilfrid Exbrayat)