16 mars 2016 / 15:54 / il y a 2 ans

Les activités de marché des banques d'investissement souffrent

* La “mauvaise” volatilité pèse sur les revenus du T1

* Le début d‘année peut représenter plus de 30% des revenus annuels

* Ces difficultés entraîneront des restructurations, dit Morgan Stanley

par Jamie McGeever et Anjuli Davies

LONDRES, 16 mars (Reuters) - Les revenus des activités de marché des banques d‘investissement ont chuté de 15% sur les trois premiers mois de l‘année, traditionnellement les plus rémunérateurs du fait des prises de position des investisseurs en début d‘exercice.

Les banques d‘investissement subissent les contrecoup des fortes turbulences du début 2016, une période marquée par une poussée d‘aversion au risque et par une chute du prix des actifs risqués sous l‘effet de celle des cours du pétrole et des inquiétudes sur l‘ampleur du ralentissement de l‘économie chinoise.

Les activités de marché sur les taux, les changes et les matières premières (FICC) se sont retrouvées en premières ligne et les revenus qu‘elles ont dégagés pour les neuf premières banque d‘investissement mondiales n‘ont été que de 19,2 milliards de dollars (17,4 milliards d‘euros) au premier trimestre contre 22,6 milliards un an auparavant, selon des données du cabinet de consultants spécialisé Tricumen.

Il s‘agit du pire premier trimestre depuis que Tricumen a commencé à collecter ces données il y a quatre ans et le recul dépasse les 30% par rapport aux 30 milliards de dollars enregistrés sur les trois premiers mois de 2012.

Plusieurs banques ont déjà averti que leurs revenus du premier trimestre seraient en forte baisse par rapport à l‘année dernière.

L‘ANNÉE 2016 EST MAL ENGAGÉE

“Le T1 est traditionnellement notre meilleur trimestre et il n‘a pas été très bon”, a dit mercredi le président du directoire de Deutsche Bank, John Cryan.

“Février a été assez difficile”, a-t-il ajouté, soulignant que même une embellie en fin de trimestre ne compenserait pas un mauvais départ.

Le premier trimestre représente souvent jusqu‘à plus de 30% des revenus annuels d‘une banque d‘investissement.

Le directeur général d‘UBS, Sergio Ermotti, a déclaré de son côté, que l‘environnement demeurait difficile.

“Nous sommes confrontés, comme l‘ensemble du secteur, à des turbulences sans précédent, par exemple du fait des taux d‘intérêt, qui ont écrasé les marges nettes dans toutes nos activités, et du fait des incertitudes politiques et macroéconomiques, qui ont contribué à une forte aversion au risque parmi nos clients”.

Morgan Stanley devrait être la banque d‘investissement la plus affectée par le recul des revenus au premier trimestre en raison d‘un mix d‘activités recouvrant les produits de spreads et ceux du trading sur actions, estime Tricumen.

Les moins pénalisées ont sans doute été Bank of America Merrill Lynch, Goldman Sachs et UBS, grâce à leurs performances dans le trading de crédit et dans certaines activités de taux et actions, selon le cabinet de consultants.

Les banques d‘investissement, et tout particulièrement les européennes, ne parviendront pas à couvrir le coût du capital au cours des deux prochaines années, ce qui entraînera de nouvelles restructurations et pourrait remettre jusqu‘à 5% de parts de marché en jeu, un mouvement comparable à celui de 2012, selon les analystes de Morgan Stanley, qui s‘attendent à une baisse de 10% des revenus sur l‘ensemble de l‘année 2016.

Marc Joanny pour le service français, édité par Marc Angrand

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