La priorité de la BCE est de financer l'économie réelle-Villeroy

lundi 14 mars 2016 12h44
 

PARIS, 14 mars (Reuters) - Les décisions prises la semaine dernière par la Banque centrale européenne ont pour but d'inciter les banques à prêter aux entreprises et aux ménages, a déclaré lundi François Villeroy de Galhau, membre du conseil des gouverneurs de la BCE.

Le gouverneur de la Banque de France a souligné en outre que ces décisions témoignaient de sa détermination à agir pour faire remonter l'inflation et qu'elle disposait pour cela d'une grande variété d'instruments.

"Nos décisions sont guidées par notre mandat, ramener l'inflation vers la cible de 2% à moyen terme", a-t-il dit lors de la présentation des comptes annuels de la Banque de France, ajoutant : "Par rapport à ce mandat, notre détermination est forte et notre panoplie d'instruments est large."

La BCE a abaissé la semaine dernière le taux de sa facilité de dépôt à -0,4% contre -0,3%, mais elle a aussi ramené son taux de refinancement à zéro, une première, et réduit le taux de sa facilité de prêt marginal (celui auquel les banques peuvent lui emprunter des liquidités au jour le jour) à 0,25%.

Elle a parallèlement porté de 60 à 80 milliards d'euros le montant de ses achats mensuels sur les marchés financiers, un programme qui sera en outre étendu au marché des obligations d'entreprises, et lancé de nouvelles opérations de refinancement des banques à long terme (TLTRO).

Avec ces mesures, "notre priorité, et nous l'avons marqué fortement, est le financement de l'économie réelle", a dit François Villeroy de Galhau.

Selon lui, les nouvelles opérations de refinancement à long terme n'ont pas pour but de compenser l'effet des taux négatifs de facilités de dépôts pour les banques, mais de "les inciter fortement à prêter aux entreprises et aux ménages".

De même, l'élargissement du programme d'achats d'actifs de la BCE aux obligations d'entreprises "bénéficiera largement aux grandes entreprises françaises".

"Autrement dit, nous sécurisons le financement des entreprises et des ménages, nous le protégeons contre des tensions qui seraient dues à la volatilité des marchés", a conclu le gouverneur. (Yann Le Guernigou, édité par Yves Clarisse)