LEAD 1-Manifestations au Brésil pour la démission de Dilma Rousseff

dimanche 13 mars 2016 18h39
 

(Chiffres actualisés §4-5)

RIO DE JANEIRO/BRASILIA, 13 mars (Reuters) - Des dizaines de milliers de personnes ont défilé dimanche dans les grandes villes du Brésil pour exiger le départ de la présidente Dilma Rousseff, menacée par une procédure de destitution sur fond de scandales de corruption, de crise économique et d'incertitude politique.

"Dilma dehors", "assez de corruption", proclamaient les banderoles brandies par les manifestants.

"Ce gouvernement ne peut plus rester en place. Ce n'est pas une lutte entre les pauvres et les riches, c'est un combat contre la corruption", déclarait Andre Cerqueira, un ingénieur qui défilait à Rio de Janeiro.

Les autorités n'ont fourni aucune estimation du nombre de manifestants au niveau national, mais selon deux sources gouvernementales, les rassemblements pourraient avoir été plus importants que les manifestations antigouvernementales de mars 2015, qui avaient réuni plus d'un million de personnes.

A Brasilia, la capitale, les manifestants, qui étaient 100.000 selon la police, ont promené une effigie de l'ancien président Luiz Inacio Lula da Silva, mis en cause dans une affaire de blanchiment d'argent, portant une tenue rayée de bagnard.

Devant la maison de Lula, dans la banlieue de Sao Paulo, des partisans du Parti des travailleurs (PT) et du gouvernement montaient la garde, brandissant des pancartes où on pouvait lire: "il n'y aura pas de coup d'Etat".

Vendredi, Dilma Rousseff a affirmé qu'il n'y avait aucun motif légal de la pousser à démissionner. Elle a ajouté qu'elle serait fière d'avoir comme ministre dans son gouvernement l'ancien président Lula, visé dans le cadre d'une enquête menée par le procureur de Sao Paulo pour blanchiment d'argent et falsification d'identité.

Selon un sénateur du Parti des travailleurs au pouvoir, des pots-de-vin provenant de contrats surfacturés liés à la construction du barrage hydroélectrique de Belo Monte, en Amazonie, ont servi au financement des campagnes électorales 2010 et 2014 de Dilma Rousseff, rapporte le magazine IstoE.

Si le témoignage de Delcidio do Amaral est confirmé et considéré comme un élément de preuve, la crise politique menaçant d'emporter Dilma Rousseff risque de s'aggraver encore. (Rodrigo Viga et Alonso Soto; Guy Kerivel et Jean-Stéphane Brosse pour le service français)