Pour l'AIE, le prix du baril a peut-être touché son point bas

vendredi 11 mars 2016 10h34
 

LONDRES, 11 mars (Reuters) - Les cours du pétrole ont peut-être touché leur point bas car la chute des derniers mois tend à se traduire par une diminution rapide de la production des Etats-Unis et d'autres producteurs extérieurs à l'Opep, tandis que la reprise de l'offre iranienne reste modeste, a déclaré vendredi l'Agence internationale de l'énergie.

L'AIE, qui coordonne les politiques énergétiques des pays de l'OCDE, l'Organisation pour la coopération et le développement économiques, prévoit désormais une baisse de 750.000 barils par jour (bpj) de la production des pays non-Opep cette année, soit 150.000 bpj de plus que dans ses précédentes estimations.

A elle seule, la production américaine diminuerait de 530.000 bpj en 2016.

"Des signes clairs montrent que les forces du marché (...) exercent leurs pouvoirs magiques et que les producteurs dont les coûts sont les plus élevés réduisent leur production", explique l'AIE.

Elle ajoute que la production de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) a baissé de 90.000 bpj en février en raison de perturbations au Nigeria, en Irak et aux Emirats arabes unis.

"Dans le même temps, le retour de l'Iran sur le marché a été moins marqué que les Iraniens ne l'avaient annoncé; en février, nous estimons que la production a augmenté de 220.000 bpj et, pour l'instant, il semble que le retour de l'Iran sera progressif", dit-elle.

Conséquence de ces différents facteurs: les stocks de pétrole des pays de l'OCDE ont baissé pour la première fois en un an, même si le volume de brut stocké en mer a augmenté.

Les stocks de brut et de produits pétroliers devraient néanmoins augmenter de 1,5 à 1,9 million bpj au premier semestre de cette année, mais cette hausse tomberait à 200.000 bpj au second semestre contre 300.000 prévus dans le rapport précédent.

"Pour les cours, il pourrait y avoir de la lumière au bout de ce qui aura été un long et sombre tunnel, mais on ne peut pas dire avec certitude quand en 2017 le marché pétrolier atteindra l'équilibre tant attendu. Il est clair que l'orientation actuelle est la bonne, mais il y a beaucoup de chemin à faire", conclut l'AIE.

Tombé en janvier à son plus bas niveau depuis 12 ans à un peu plus de 27 dollars le baril, le cours du Brent de mer du Nord a rebondi depuis et se traitait vendredi à plus de 40 dollars.

(Dmitry Zhdannikov; Marc Angrand pour le service français, édité par Wilfrid Exbrayat)