La crise des réfugiés pèse "significativement" sur l'économie grecque - OCDE

jeudi 10 mars 2016 14h40
 

ATHENES, 10 mars (Reuters) - La crise des réfugiés pèse lourdement sur l'économie grecque et sur la capacité d'Athènes à tenir ses engagements dans le cadre du troisième plan de renflouement négocié avec ses créanciers internationaux, a estimé jeudi l'Organisation pour la coopération et le développement économiques (OCDE).

"La crise des réfugiés crée des problèmes significatifs pour l'économie et la croissance de la Grèce", a déclaré le secrétaire général de l'OCDE, Angel Gurria, à l'issue d'une rencontre à Athènes avec le Premier ministre Alexis Tsipras.

"La Grèce a besoin de recevoir un soutien substantiel pour faire face à ce nouveau défi. Aucun pays ne peut relever seul un tel défi", a-t-il poursuivi.

D'après les statistiques de l'agence européenne Frontex de contrôle aux frontières, près d'un demi-million de migrants sont arrivés en Grèce au cours des trois derniers mois de 2015, la majorité d'entre eux prenant ensuite la route du nord-ouest de l'Europe via les Balkans.

Mais cette "route des Balkans" est désormais fermée, les Etats ayant progressivement fermé leur frontière, et plus de 41.000 réfugiés et migrants sont aujourd'hui bloqués en Grèce, où les arrivées sur les îles de la mer Egée se poursuivent.

La Commission européenne a lancé la semaine dernière un plan d'aide humanitaire doté de 700 millions d'euros.

De son côté, le gouvernement grec refuse de lier la crise des réfugiés et les discussions avec ses créanciers internationaux, qui ont repris mercredi.

L'examen, ou "revue", en cours doit faire le point sur la mise en oeuvre par les autorités grecques de leurs engagements en matière budgétaire et de réforme en contrepartie d'une nouvelle aide financière de 86 milliards d'euros négociée l'été dernier.

Tsipras a indiqué qu'on était "très près" de conclure cette "revue", ce qui lui permettrait d'entamer des discussions sur un allègement de la dette et montrer ainsi aux Grecs que les sacrifices consentis ces dernières années portent leurs fruits.

"Cela entraînerait une réaction en chaîne positive, qui nous aidera à renouer avec la croissance au troisième trimestre", a-t-il ajouté. (Karolina Tagaris et Renee Maltezou; Henri-Pierre André pour le service français)