Vers une solution efficace et humaine pour les réfugiés-Hollande

mardi 8 mars 2016 01h59
 

PARIS, 8 mars (Reuters) - Les Européens se sont accordés avec la Turquie pour apporter une solution efficace et humaine à la crise des réfugiés, a déclaré François Hollande dans la nuit de lundi à mardi, après une journée de négociations visant à mettre fin à l'afflux de migrants en Europe.

Le président français a défendu l'idée de renvoyer en Turquie les migrants arrivés en Grèce, ce qui doit mettre fin aux dangereuses traversées, et qui doit s'accompagner de l'accueil dans l'Union européenne d'un nombre équivalent de réfugiés syriens depuis la Turquie.

"Si on arrête ce mouvement, s'ils ne traversent pas la mer Egée, alors, à ce moment là, nous avons pu trouver une solution qui à la fois est efficace et humaine parce qu'elle n'empêchera pas la réinstallation de réfugiés", a dit François Hollande.

Ces principes ont été acceptés lors de cette négociation mais ils devront être précisés dans une discussion entre les Turcs et la Commission européenne pour être finalisés lors du prochain Conseil européen des 17 et 18 mars, a-t-il dit.

Dans cette crise des migrants, "il s'agit de valeurs, de principes, d'esprit et aussi de respect des règles", a poursuivi le président français lors d'une conférence de presse.

"S'il n'y a plus de Schengen, il n'y a plus d'Europe, c'est ce qui était en cause ces derniers mois", a-t-il ajouté. "Plus de Schengen, plus d'Europe : chacun pour soi et les réfugiés pour les autres, c'est ce que nous avons écarté aujourd'hui et que nous aurons à confirmer au cours des prochains jours."

Il a confirmé que l'aide européenne de trois milliards d'euros à la Turquie, déjà prévue, pourra être augmentée si nécessaire et précisé que la libéralisation des visas pour les ressortissants turcs pourrait effectivement intervenir dès juin mais uniquement si les 72 critères prévus pour y parvenir sont remplis.

Quant à la négociation avec la Turquie sur son adhésion à l'Union européenne, elle "est encore longue, à mon sens, avant d'aboutir", a dit François Hollande. (Jean-Baptiste Vey)