En difficulté, Rousseff remanie le gouvernement brésilien

vendredi 2 octobre 2015 17h53
 

BRASILIA, 2 octobre (Reuters) - La présidente brésilienne Dilma Rousseff a remanié vendredi son gouvernement, réduisant le nombre de ministres et renforçant des alliances politiques qui semblent écarter la menace d'une procédure de destitution.

Elle a notamment nommé comme directeur de son cabinet l'ancien ministre de la Défense Jacques Wagner, un ténor de la classe politique brésilienne, et offert un ministère de plus, celui de la Santé, au budget le plus conséquent, au Parti du mouvement démocratique brésilien (PMDB), partenaire de coalition de son Parti des travailleurs (PT).

Dans le nouveau gouvernement, sept des 31 ministères sont contrôlés par le PMDB.

Les ministres chargés des questions économiques dans l'équipe sortante restent en place.

Au passage, Rousseff supprime huit postes de ministres ou secrétaires d'Etat, une décision qui permettra une économie symbolique. Le travail et la sécurité sociale fusionnent, de même que les secrétariats d'Etat aux droits de l'homme, à la promotion de l'égalité raciale et à la politique des femmes.

Elle a ajouté que le salaire des ministres serait réduit de 10% et que les dépenses de fonctionnement des ministères seraient amputées d'un cinquième, avec notamment la suppression de 3.000 postes.

Ce remaniement est la réponse de la présidente aux difficultés politiques qui alourdissent une atmosphère déjà plombée par la récession économique, l'état des finances publiques et un vaste scandale de corruption qui a déjà emporté des responsables politiques et des cadres des milieux économiques.

Dans un discours prononcé à Brasilia, Dilma Rousseff a expliqué que ce remaniement visait à renforcer les liens entre sa coalition et les parlementaires, une nécessité, a-t-elle dit, pour rééquilibrer les finances publiques.

Le mois dernier, l'agence Standard & Poor's a abaissé la note souveraine du Brésil, la ramenant dans la catégorie des dettes jugées spéculatives ("junk"). (voir )

"Mon gouvernement cherche du soutien au Congrès. Nous avons besoin de stabilité politique pour que le Brésil renoue avec la croissance", a dit la présidente, dont la cote de popularité, moins d'un an après le début de son second mandat, est passée sous les 10%.

Mais l'effet de ce remaniement pourrait être d'une durée limitée: le PMDB se réunit le mois prochain en congrès où il devrait réexaminer ses liens avec le PT. "Ce remaniement va lui apporter une bouffée d'oxygène jusqu'à la convention du PMDB", estime le politologue David Fleischer, de l'université de Brasilia. (Anthony Boadle et Lisandra Paraguassu; Henri-Pierre André pour le service français)