LEAD 1-L'Inde abaisse ses taux pour préserver la croissance

mardi 29 septembre 2015 11h25
 

(Actualisé avec précisions, commentaires)

BOMBAY, 29 septembre (Reuters) - La banque centrale indienne a réduit mardi son principal taux directeur de 50 points de base à 6,75%, soit plus que prévu, dans un contexte de faible inflation et de risque de ralentissement de la croissance.

La Reserve Bank of India (RBI)avait déjà réduit ses taux à trois reprises cette année mais à chaque fois d'un quart de point. Sur 51 économistes interrogés la semaine dernière par Reuters, 45 anticipaient un nouvel assouplissement de 25 points de base et seulement un prévoyait une baisse d'un demi-point.

Lors d'une conférence de presse, le gouverneur de la RBI Raghuram Rajan a déclaré que le contexte de chute des cours des ressources de base à l'échelle mondiale avait contribué à inciter l'institution à "accélérer" la détente de sa politique monétaire.

Le taux d'inflation est tombé à 3,66% en août en Inde, un plus bas historique, en deçà de l'objectif de 6% de la RBI, qui prévoit désormais un chiffre de 5,8% en janvier 2016.

Mais la décision de la RBI vise également à permettre à l'économie de continuer d'aller de l'avant au vu de la situation du pays, a indiqué Raghuram Rajan, reflétant les inquiétudes grandissantes sur le ralentissement de la croissance.

Les appels à une baisse de taux se sont multipliés après l'annonce d'une croissance plus lente que prévu sur le trimestre avril-juin. Sur cette période, le produit intérieur brut (PIB) de l'Inde a progressé de 7%, un rythme plus rapide que celui de l'économie chinoise mais bien inférieur aux prévisions gouvernementales de 8% à 8,5% pour l'exercice budgétaire finissant en mars.

La banque centrale indienne a de son côté abaissé à 7,4% sa prévision de croissance pour l'exercice, contre 7,6% précédemment.

La baisse des taux plus agressive que prévu "souligne la préoccupation de la banque centrale concernant le rythme de croissance sous-jacente, en particulier du fait de la lenteur des réformes et du taux d'endettement des banques et des entreprises", souligne Radhika Rao, économiste de DBS à Singapour.   Suite...