Evans (Fed) prône la patience sur les taux et évoque la mi-2016

lundi 28 septembre 2015 19h51
 

MILWAUKEE, Wisconsin, 28 septembre (Reuters) - La Réserve fédérale américaine devrait maintenir des taux quasi-nuls plus longtemps qu'envisagé initialement et adopter une approche "extrêmement patiente" en matière de resserrement de sa politique monétaire en raison du risque de ne pas voir l'inflation rebondir aussi rapidement que prévu, a déclaré lundi Charles Evans, le président de la Fed de Chicago.

Dans une allocution prononcée à la Marquette University, il a évoqué "le coût important" d'un relèvement prématuré des taux, y compris pour la crédibilité de la banque centrale, et il a laissé entendre qu'il pourrait falloir attendre la mi-2016 pour disposer de preuves suffisantes d'une accélération de l'inflation justifiant une hausse des taux.

Après pratiquement sept ans de taux quasi-nuls, les marchés estiment désormais que la plupart des 17 plus hauts responsables de la Fed prévoient de commencer à durcir la politique monétaire d'ici la fin de l'année. Charles Evans, qui a dans le passé fait la preuve de son influence sur les orientations de politique monétaire, figure parmi les trois partisans du maintien du statu quo jusqu'en 2016.

Un "relèvement plus tardif et, par la suite, une approche graduelle de la normalisation de la politique monétaire placeraient l'économie dans les meilleures conditions possibles face aux défis potentiels à venir", a-t-il déclaré lundi.

Alors que la Fed explique vouloir être "raisonnablement confiante" dans le retour de l'inflation à 2%, l'objectif qu'elle s'est fixé, contre 1,3% aujourd'hui, Charles Evans a dit qu'il voulait être convaincu par "des preuves d'une véritable tendance haussière de l'inflation réelle".

"Il se pourrait bien qu'il faille attendre le milieu de l'année prochaine pour que les vents contraires de la baisse des prix de l'énergie et de l'appréciation du dollar se dissipent suffisamment pour que nous commencions à observer une tendance haussière soutenue de l'inflation de base", a-t-il ajouté.

Il a précisé ne pas s'attendre à ce que l'indice d'inflation favorisé par la Fed ne remonte pas à 2% avant la fin 2018.

La politique monétaire doit être suffisamment accommodante pour permettre à l'inflation de franchir le seuil de 2%, a-t-il poursuivi, ajoutant qu'un relèvement prématuré des taux pourrait laisser entendre que la Fed n'est pas réellement déterminée à atteindre son objectif et qu'il pourrait conduire à un revirement de la politique monétaire en cas de crise économique.

(Jonathan Spicer; Marc Angrand pour le service français)