PORTRAIT-Matthias Müller appelé à la rescousse de VW

vendredi 25 septembre 2015 20h01
 

BERLIN, 25 septembre (Reuters) - Matthias Müller, nommé vendredi président du directoire de Volkswagen, a un jour déclaré sur le ton de plaisanterie qu'il était trop âgé pour prendre la direction du premier constructeur automobile européen mais c'est bien à cet homme de 62 ans que le groupe allemand a confié vendredi la tâche de le sortir de la plus grave crise de son histoire.

Le conseil de surveillance de Volkswagen devait initialement se réunir ce vendredi pour valider la prolongation du mandat de Martin Winterkorn jusqu'en 2018 mais les plans du constructeur allemand ont été brusquement bouleversés lorsqu'il a dû admettre avoir triché lors des tests sur les émissions polluantes de ses moteurs diesel aux Etats-Unis.

Le conseil de surveillance du groupe a dû soudainement se mettre à la recherche d'un remplaçant à Martin Winterkorn, contraint à la démission, et le profil de Matthias Müller, président du directoire de Porsche, présentait plusieurs atouts.

Apprenti outilleur chez Audi à Ingolstadt puis diplômé en informatique, Matthias Müller a ensuite travaillé dans de nombreuses divisions de l'empire VW depuis les années 1970, exerçant notammant la fonction de chef de produits au sein de la marque Volkswagen elle-même, une expérience perçue comme l'un des facteurs décisifs de sa désignation à la tête du groupe.

Tout aussi important, il bénéficie du soutien du clan familial Porsche-Piëch, qui détient la majorité des droits de vote du groupe.

Nommé en mars au sein du directoire de Volkswagen, Matthias Müller apparaît à l'époque comme un protégé du patriarche Ferdinand Piëch, auquel on prête alors l'intention de vouloir l'installer à la place de Martin Winterkorn.

ALLURE DÉCONTRACTÉE

Mais fin avril, Ferdinand Piëch perd le bras de fer engagé avec Martin Winterkorn au sujet de la stratégie du groupe et ce dernier paraît alors renforcé. Jusqu'à ce que le scandale des émissions polluantes éclate aux Etats-Unis.   Suite...