BOURSE-La construction baisse, des analystes sceptiques sur la reprise

jeudi 24 septembre 2015 12h55
 

PARIS, 24 septembre (Reuters) - Les valeurs de la construction sont en nette baisse jeudi à la Bourse de Paris alors que Credit Suisse et Morgan Stanley réaffirment leur scepticisme quant à une prochaine vraie reprise du BTP.

Saint-Gobain, troisième plus forte baisse de l'indice CAC 40, recule de 3,5% à 37,845 euros à 12h50, suivi par Vinci (-3,22% à 55,61 euros).

LafargeHolcim cède 2,87% à 46,275 euros.

Le secteur de la construction (-2,52%) signe quant à lui la deuxième plus forte baisse des indices sectoriels STOXX européens après l'automobile.

Credit Suisse, dans une note, réitère son conseil à "sous-performance" sur Saint-Gobain en mettant en avant la poursuite de la trajectoire négative des mises en chantier en France (sept mois consécutifs de contraction d'activité) et du marché du ciment, même si le groupe n'est pas lui-même un cimentier, ainsi que l'absence de vrai rebond macroéconomique.

L'intermédiaire juge toujours le consensus trop élevé pour Saint-Gobain. Il réitère sa prévision de marge 2016 inférieure de 50 points de base au consensus et estime que cela "sera la principale source de déception l'an prochain".

Morgan Stanley, dans une note sectorielle, relève que toute reprise de la construction en Europe sera limitée.

Dans ce contexte, il abaisse sa recommandation sur Vinci de "surpondérer" à "pondération en ligne", tout en relevant son objectif de cours de 56 euros à 59 euros.

Morgan Stanley fait valoir que Vinci, étant donné la résistance de ses résultats financiers et sa forte corrélation à la situation économique en France, ne devrait pas voir dans les 12 mois à venir le fort bond de revenus que ses multiples actuels semblent prendre en compte. De plus, ajoute-t-il, les tarifs des péages autoroutiers en France restent bridés.

En revanche, LafargeHolcim reste la valeur préférée de Morgan Stanley avec l'espagnol Ferrovial, et l'intermédiaire reste à "surpondérer" sur les deux titres.

S'il revoit en légère baisse ses prévisions de volumes et de prix jusqu'en 2017, Morgan Stanley estime notamment que LafargeHolcim, avec une baisse d'environ 16% du prix de l'action depuis mi-juillet et les économies de coûts post-fusion réalisées, devrait s'avérer plus résistant que ses pairs à la macroéconomie. (Raphaël Bloch, édité par Dominique Rodriguez)