Migrants-Des déficits accrus face à la crise évoqués par l'UE

jeudi 24 septembre 2015 05h04
 

BRUXELLES, 24 septembre (Reuters) - Les chefs d'Etat et de gouvernement de l'Union européenne ont discuté de la possibilité d'autoriser les Etats de la zone euro à accroître leurs déficits publics compte tenu des coûts liés à la crise migratoire, mais n'ont pas trouvé de position commune, ont indiqué des responsables de l'UE jeudi matin.

Depuis le début de l'année, environ 500.000 migrants sont arrivés dans les pays de l'Union européenne, fuyant la guerre et la pauvreté dans leurs pays.

Le 11 septembre dernier, les ministres des Finances de l'UE avaient demandé à la Commission européenne de prendre en compte les conséquences de cette situation d'urgence quand elle examinerait les budgets des Etats membres, dans les semaines à venir.

La question a été abordée au sommet européen extraordinaire sur la cries migratoire mercredi soir à Bruxelles.

"Ce qui a été mentionné par plusieurs intervenants était que les coûts liés aux migrants doivent être en pris en compte dans le pacte de stabilité, a déclaré le chancelier autrichien Werner Faymann à l'issue du Conseil européen.

Il a précisé qu'il soutenait ce genre de mesure mais qu'il n'y avait pas eu d'accord mercredi soir.

Le Commissaire européen aux Affaires économiques Pierre Moscovici a accepté d'examiner l'impact économique de la crise migratoire et de présenter ses conclusions le 5 octobre, lors de la prochaine réunion ordinaire des ministres des Finances de la zone euro à Luxembourg.

Les pays de la zone euros doivent présenter leurs projets de budget à la Commission européenne le 15 octobre.

Angela Merkel s'est montré prudente. "Nous devons vérifier cela très attentivement et il faudra voir quels sont les coûts effectifs", a déclaré la chancelière allemande lors d'une conférence de presse après le sommet extraordinaire.

Un haut responsable européen a expliqué qu'"à ce stade, il n'y a pas suffisamment d'information pour qu'une dérogation particulière du pacte doive être déclenchée par principe."

Si la CE reconnaît des "circonstances exceptionnelles", elle peut autoriser les Etats membres à prévoir des déficits plus élevés, mais en tout état de cause inférieurs à la limite de 3% du produit intérieur brut (PIB) prévue par le pacte de stabilité. (Francesco Guarascio, Andreas Rinke and Robert-Jan Bartunek; Danielle Rouquié pour le service français)