Weidmann réaffirme ses divergences de vues avec Draghi

mercredi 23 septembre 2015 19h32
 

FRANCFORT, 23 septembre (Reuters) - La Banque centrale européenne (BCE) ne doit pas prendre en compte l'impact de la chute des cours du pétrole pour déterminer sa politique monétaire et ne doit recourir à des achats de dette qu'en dernier recours car ceux-ci sont à la limite entre politique monétaire et politique budgétaire, a déclaré mercredi le président de la Bundesbank, Jens Weidmann.

Il a également jugé que l'Europe devait attendre, avant de s'engager dans une véritable union bancaire, que les pays membres soient prêts à renoncer à davantage de souveraineté afin d'éviter que les lois nationales ne faussent le jeu commun.

Ces propos tranchent avec ceux de Mario Draghi, le président de la BCE, qui a plaidé quelques heures avant au Parlement européen en faveur d'un achèvement de l'union bancaire, qui passerait par un dispositif commun de garantie des dépôts.

Mario Draghi a en outre laissé entendre que la banque centrale pourrait, si nécessaire, augmenter ou prolonger son programme d'achats de titres sur les marchés afin de favoriser la remontée de l'inflation.

Les divergences de vue entre Mario Draghi et Jens Weidmann avaient été reléguées au second plan ces derniers mois mais leurs déclarations de mercredi signalent qu'elles restent nettes, y compris sur des sujets de fond.

La BCE débat actuellement ouvertement de la possibilité d'augmenter ses achats de dette, actuellement réalisés au rythme de 60 milliards d'euros par mois, ou de les prolonger au-delà de septembre 2016, l'échéance prévue pour l'instant.

"Je continue de croire que la politique monétaire doit regarder au-delà des fluctuations de l'inflation liées aux prix de l'énergie car elles sont temporaires et qu'elles augmentent le pouvoir d'achat, donc renforcent malgré tout l'économie", a expliqué Jens Weidmann, président de la Bundesbank allemande et qui siège à ce titre au conseil des gouverneurs de la BCE.

Si l'on exclut l'impact de la baisse du pétrole, l'inflation avoisine 1%, un chiffre bien supérieur à l'indice global, actuellement à 0,1%, même s'il reste loin de l'objectif d'un taux légèrement inférieur à 2% que s'est fixé la BCE, a-t-il ajouté.

"Les achats d'actifs peuvent brouiller la démarcation entre politique monétaire et politique budgétaire (...) donc de telles mesures ne doivent être employées qu'en cas d'urgence", a-t-il dit.   Suite...