Le Portugal a dû relever le déficit de 2014, le PM critiqué

mercredi 23 septembre 2015 15h16
 

par Andrei Khalip

LISBONNE, 23 septembre (Reuters) - Le déficit budgétaire du Portugal a atteint en 2014 7,2% du PIB, conséquence du sauvetage d'une grande banque, mais le gouvernement, confronté à des élections législatives le 4 octobre, a assuré mercredi qu'il attendrait son objectif de 2,7% cette année.

Le Premier ministre Pedro Passos Coelho a jugé que cette révision, par rapport à un premier chiffre annoncé de 4,5%, n'était qu'une "correction statistique, sans la moindre influence sur les perspectives de déficit de cette année et le moindre impact sur la dette".

Le déficit était de 4,8% en 2013. Le nouveau chiffre rapproche le pourcentage de 2014 des 7,4% de 2011.

Mais un porte-parole du Parti socialiste (opposition), qui est au coude-à-coude avec la coalition au pouvoir dans les sondages, estime lui que ce nouveau chiffre signe l'échec du Premier ministre de la gestion budgétaire et souligne son incapacité à vendre rapidement la banque renflouée.

Avec un déficit revenu au niveau de 2011, soit au plus fort de la crise de la dette, les sacrifices consentis par la population dans le cadre d'un plan d'aide international synonyme d'austérité et de récession l'ont été en vains, lance le Parti socialiste. Le Portugal a bouclé son programme d'aide internationale en mai 2014.

Dans son rapport de procédure pour déficit excessif transmis à Bruxelles, le Bureau national de la statistique explique que le coût du renflouement de Novo Banco -- la "bonne banque" scindée d'avec l'établissement failli Banco Espirito Santo -- devait être inclus dans la situation budgétaire dans la mesure où la banque n'avait pas été revendue dans l'année qui a suivi son sauvetage en août 2014.

Tout en évaluant le déficit sur 12 mois à fin juin à 6,4%, soit moins que les 7,1% à fin mars, l'institut conserve sa prévision de 2,7% pour cette année, comme le gouvernement.

Il estime aussi que la dette publique devrait tomber à 125,2% du PIB cette année contre 130,2% en 2014.   Suite...