Total dévoile une politique d'exploration moins risquée

mercredi 23 septembre 2015 12h21
 

PARIS, 23 septembre (Reuters) - Total a présenté mercredi sa nouvelle politique en matière d'exploration pétrolière, le groupe souhaitant se recentrer sur des zones moins risquées qu'au cours des dernières années et maintenir un budget réduit.

Le groupe français a précisé à l'occasion d'une journée investisseurs organisée à Londres qu'il souhaitait mettre en évidence plus de 1,5 milliard de barils supplémentaires sur la période 2016-2018 et qu'il forerait environ 40 puits d'exploration par an.

Total vise des coûts de découverte inférieurs à 3 dollars par baril pour un budget d'exploration compris entre 1,5 milliard et 2 milliards de dollars par an, contre 1,9 milliard prévu pour 2015.

Les investissements d'exploration de Total avaient quasiment doublé entre 2010 et 2013 pour atteindre 2,9 milliards de dollars en raison d'une politique plus audacieuse axée sur les "nouvelles frontières", c'est-à-dire sur des zones plus risquées mais présentant des potentiels de retour plus élevés.

Mais le groupe a dans ce cadre échoué à trouver des gisements géants, appelés "elephants" par l'industrie.

"Nous avons surestimé les chances de succès de nos zones frontières et à hauts risques", a souligné lors d'une conférence avec les analystes le nouveau patron de l'exploration de Total, Kevin McLachlan, recruté il y a un an chez l'américain Murphy Oil.

"Nous continuerons d'investir dans les zones frontières (...), mais nous le ferons avec 25% du capital, contre 40% au cours des dernières années; il s'agit donc d'un changement significatif", a-t-il ajouté.

Kevin McLachlan a en outre cité l'Afrique, l'Amérique du Sud, le golfe du Mexique, la mer du Nord et l'Asie du Sud-Est comme les principales zones d'exploration de Total.

Le directeur général de Total, Patrick Pouyanné, a de son côté indiqué que les objectifs de croissance du groupe impliquaient d'ajouter environ 1,2 milliard de barils à son portefeuille chaque année.

"Nous nous attendons à ce que 500 millions de barils viennent de l'exploration (chaque année) et que 700 millions viennent d'acquisitions d'autres ressources non développées", a-t-il précisé. (Benjamin Mallet, édité par Dominique Rodriguez)