BOURSE-L'auto baisse encore à Paris, le débat sur le diesel rouvert

mercredi 23 septembre 2015 11h35
 

PARIS, 23 septembre (Reuters) - Les deux constructeurs automobiles français perdent encore du terrain en Bourse mercredi matin, le scandale Volkswagen relançant notamment le débat sur le diesel, une technologie dans laquelle PSA et Renault ont beaucoup investi.

PSA Peugeot Citroën a déclaré mardi se conformer à toutes les réglementations et Renault a dit qu'aucun de ses véhicules n'embarquait de dispositifs de manipulation.

Pourtant, leurs titres s'inscrivent à nouveau comme les deux plus fortes baisses de l'indice CAC 40 : PSA perd 2,7% à 11h25 et Renault 2,04%.

"Il existe maintenant clairement un risque de voir les régulateurs enquêter sur tous les constructeurs automobiles, même s'ils respectent toutes les réglementations en vigueur, et de les voir conclure que le seul moyen d'améliorer la situation à l'avenir, c'est d'accélérer l'instauration des tests d'homologation en situation réelle", commente Barclays dans une note.

"Le risque existe aussi de voir la pénétration du diesel en Europe s'amenuiser encore, ce qui ajouterait des coûts additionnels pour les constructeurs en matière de respect des émissions de CO2", ajoute l'intermédiaire.

L'introduction d'une procédure plus stricte et plus moderne d'homologation des véhicules, conjuguant tests en laboratoire et en situation réelle, est prévue en Europe pour 2017.

Dans le cadre de la lutte contre le réchauffement climatique, l'Union européenne a fixé pour les voitures neuves des émissions moyennes de 95 grammes de CO2 au kilomètre à l'horizon 2021, contre 121,1 grammes d'émissions moyennes sur les sept premiers mois de l'année.

Les constructeurs estiment que sans les motorisations diesel, plus économes en carburant et moins émettrices de CO2, les objectifs européens ne seront jamais atteints.

Ils ont déjà beaucoup investi pour ramener les émissions d'oxydes d'azote des véhicules diesel au niveau de celles de l'essence, moyennant un surcoût moyen de 500 à 700 euros par véhicule pour la norme Euro 6 qui entre en vigueur actuellement.

La technologie hybride-essence rechargeable, qui permet de réduire la consommation d'un véhicule à essence et de rouler en mode totalement électrique en ville, pourrait prendre le relais. Mais pas avant l'horizon 2020 chez Renault comme chez PSA.

(Gilles Guillaume, édité par Dominique Rodriguez)