Tsipras sur une corde raide avant les législatives en Grèce

samedi 19 septembre 2015 21h01
 

par Renee Maltezou

ATHENES, 19 septembre (Reuters) - Elu en janvier sur la promesse d'en finir avec cinq ans d'austérité, Alexis Tsipras remet son mandat en jeu dimanche en Grèce après avoir effectué un virage à 180° parmi les plus spectaculaires de l'histoire récente de la politique européenne.

Alors qu'il avait obtenu le 5 juillet par référendum un soutien franc et massif à son refus des mesures d'austérité réclamées par les créanciers d'Athènes, le Premier ministre grec a dû se résoudre huit jours plus tard à conclure un nouvel accord avec les "institutions", avec à la clef de nouvelles réductions dans les dépenses publiques, une augmentation de la fiscalité et des privatisations.

La potion a été trop amère pour un tiers des députés de son parti, Syriza, qui ont refusé de soutenir le nouveau "Mémorandum" négocié avec les "institutions" et ont rompu pour s'en aller créer un nouveau parti, Unité populaire. (voir )

Face à la fronde, et moins de sept mois après avoir été investi à la tête du gouvernement, Tsipras a rendu son mandat le 20 août, précipitant un nouveau scrutin, le troisième de l'année après les législatives du 25 janvier et le référendum de l'été.

"Le mandat que j'ai reçu le 25 janvier a atteint ses limites et le peuple grec a désormais son mot à dire", expliquait-il alors. Reconnaissant ne pas avoir obtenu "l'accord que nous voulions avant les élections de janvier", il ajoutait: "Je ressens profondément la responsabilité morale et politique de remettre à votre jugement tout ce que j'ai fait, mes réussites comme mes échecs."

A 41 ans, le jeune Premier ministre a défendu cette ligne tout au long de la campagne électorale, qu'il avait entamée en tête des intentions de vote (mais loin du score de janvier, quand Syriza avait rallié 36,3% des suffrages) et qu'il finit au coude à coude avec Nouvelle Démocratie.

Car à la surprise générale, Vangelis Meïmarakis, le nouveau chef de file du parti de la droite grecque qui a succédé à l'ancien Premier ministre Antonis Samaras après le référendum de juillet, s'est imposé comme un adversaire de taille, lui qui semblait devoir seulement gérer une période de transition avant un nouveau congrès. (voir )

SUR UNE LIGNE DE CRÊTE   Suite...