PORTRAIT-Patrick Drahi construit son empire américain

jeudi 17 septembre 2015 17h52
 

par Joseph Sotinel

PARIS, 17 septembre (Reuters) - En rachetant le quatrième câblo-opérateur américain, Cablevision, Patrick Drahi confirme les ambitions du groupe Altice outre-Atlantique, où il espère pouvoir réaliser prochainement la moitié de ses revenus.

Cette opération de 17,7 milliards de dollars, dette incluse, fait suite à une série effrénée d'acquisitions qui ont considérablement accru la portée de ce nouvel empire du câble et des télécoms.

Finançant ses opérations par la dette, l'homme d'affaires franco-israélien a accéléré la cadence au cours des deux dernières années en fusionnant SFR et Numericable et en rachetant l'opérateur Portugal Telecom et le câblo-opérateur américain Suddenlink.

Avec l'acquisition de Cablevision et de Suddenlink, Altice réalisera déjà 30% de son chiffre d'affaires aux Etats-Unis alors que l'an dernier encore 73% des revenus d'Altice provenaient de la France, où Patrick Drahi a longtemps été perçu comme un outsider.

Né au Maroc en 1963, fils de professeurs de mathématiques, Patrick Drahi s'installe dans le sud de la France en 1978. Il s'oriente alors vers les études scientifiques avant d'entrer à Polytechnique puis à l'Ecole nationale supérieure des télécommunications.

Après un bref passage dans le groupe néerlandais Philips, il se met à son compte en 1982 et crée un câblo-opérateur à Cavaillon, dans le Vaucluse, qui marque le début de son aventure dans ce secteur. Très vite, en 2001, il monte Altice, la structure de capital-investissement qui hébergera Numericable.

Patrick Drahi fait véritablement son entrée fracassante sur la scène publique française en 2014, en rachetant SFR. Mais son intérêt pour les médias, le propulsera un peu plus encore sous les projecteurs. Après avoir évité la faillite à Libération en avril 2014, il reprend L'Express, L'Expansion et L'Etudiant ainsi que le groupe NextRadio TV (BFMTV, RMC et BFM Business), associé à son propriétaire actuel, Alain Weill.

Il a su gagner progressivement le soutien d'une partie du monde des affaires parisiens, qui salue son audace et le talent dont il a fait preuve pour tirer partie de l'environnement des taux bas créé par la politique de "quantitative easing" des banques centrales.   Suite...