LEAD 2-Suisse-La prévision de croissance de 2015 revue en hausse

jeudi 17 septembre 2015 09h51
 

(Actualisé avec la décision monétaire de la BNS)

ZURICH, 17 septembre (Reuters) - Le gouvernement suisse a revu en hausse jeudi sa prévision de croissance de 2015 mais il a en revanche révisé en baisse celle de 2016, soulignant à quel point les perspectives économiques du pays sont liées à une reprise de la zone euro.

Ce même jour, la Banque nationale suisse (BNS) a annoncé, au terme de sa réunion de politique monétaire, qu'elle ne modifiait pas son principal taux directeur, ce qui était attendu, laissant son objectif pour le taux Libor à trois mois à -1,25/-0,25%. Le taux des dépôts à vue est lui aussi inchangé, à -0,75%.

"Les intérêts négatifs prélevés en Suisse, d'une part, et la disposition de la Banque nationale à intervenir au besoin sur le marché des changes, d'autre part, rendent les placements en francs moins attrayants. Dans les deux cas, l'objectif est d'affaiblir la pression sur le franc", explique l'institut d'émission dans un communiqué.

Le Secrétariat d'Etat à l'économie (SECO) déclare qu'il prévoit à présent une croissance de 0,9% cette année, au lieu d'une précédente estimation de 0,8%. Mais il a ramené sa prévision de croissance de 2016 à 1,5% contre 1,6%.

Le SECO prévoit par ailleurs une inflation négative de -1,1% cette année, au lieu de -1,0% précédemment et positive de 0,1% l'an prochain, au lieu de 0,3%.

"La situation économique s'améliorera à condition que la conjoncture internationale reste favorable et, notamment, que la reprise se confirme dans la zone euro", écrit-il.

La BNS pour sa part continuer de projeter une croissance d'un peu moins de 1% cette année. "La Banque nationale s'attend toujours à ce que l'inflation redevienne positive début 2017", ajoute-t-elle, projetant dorénavant un taux d'inflation de 0,4% pour cette année-là au lieu de 0,3% auparavant. Elle prévoit cete année une inflation négative de -1,2% (-1,0% précédemment) et de -0,5% en 2016 (-0,4% auparavant).

La Suisse a enregistré une croissance inattendue au deuxième trimestre, évitant de peu la récession, les exportateurs ayant mieux surmonté que certains ne le pensaient la vigueur du franc consécutive à la décision de la banque centrale de désarrimer la monnaie nationale d'avec l'euro le 15 janvier dernier.

Les économistes du SECO observent que le moral des entreprises suisses ne semble pas s'être dégradé durant l'été ce qui s'explique en particulier par le fait que le franc a cédé un peu de terrain face à l'euro ces derniers mois.

Pour autant, le secrétariat note que compte tenu d'une "dynamique conjoncturelle plutôt modeste, le taux de chômage moyen annuel devrait passer de 3,3% en 2015 à 3,6% en 2016". Le SECO projetait auparavant un taux inchangé de 3,5%. (Joshua Franklin et John Miller, Wilfrid Exbrayat pour le service français)