September 15, 2015 / 4:08 PM / 2 years ago

BOURSE-E.ON et RWE chutent en raison des provisions pour le nucléaire

4 MINUTES DE LECTURE

(Actualisé avec cours de clôture, déclarations du ministre allemand de l'Economie, précisions)

FRANCFORT/BERLIN, 15 septembre (Reuters) - Les titres E.ON et RWE ont chuté mardi en Bourse de Francfort en raison d'un article paru sur le site internet de l'hebdomadaire Spiegel selon lequel les énergéticiens allemands doivent encore provisionner jusqu'à 30 milliards d'euros pour construire des sites de dépôts des déchets nucléaires.

Le ministre de l'Economie, Sigmar Gabriel, a tenté de voler au secours des électriciens allemands en dénonçant des "spéculations irresponsables" dans la presse, mais cela n'a pas suffi à enrayer la baisse de leurs actions.

Le titre E.ON a perdu 6,15% à 8,04 euros après avoir sombré en cours de séance à un creux de 22 ans tandis que RWE a touché ses plus bas niveaux historiques avant de finir sur un recul de 3,31% à 11,41 euros.

Les deux valeurs, avec EDF (-3,58%) que Morgan Stanley a déclassé à "sous-pondérer", ont enregistré les trois plus fortes baisses de l'indice européen Eurofirst 300, qui a lui-même progressé de 0,99%. Elles ont pesé sur tout le secteur européen des services aux collectivités (utilities) (-0,14%), l'un des rares secteurs en repli en Europe.

E.ON, RWE, EnBW et Vattenfall doivent démanteler leurs centrales nucléaires d'ici la date limite de 2022 fixée par le gouvernement d'Angela Merkel à la suite de la catastrophe de Fukushima, au Japon, en 2011.

Selon le Spiegel Online, les conclusions préliminaires d'un cabinet d'audit nommé par le ministère de l'Economie montrent un besoin de nouvelles provisions pouvant aller jusqu'à 30 milliards d'euros pour financer leur sortie du nucléaire.

La société d'audit estime que les 39 milliards d'euros déjà provisionnés par les groupes concernés pour démanteler leurs centrales nucléaires sont suffisants, mais il manque selon elle des fonds pour le stockage des déchets nucléaires.

Sigmar Gabriel a assuré mardi que cet audit, censé être publié dans le courant de l'automne, n'était pas terminé et ses services ont démenti les chiffres avancés dans la presse.

"Les jeux actuels autour des chiffres ne sont aucunement la base de notre action politique concrète", a dit le ministre allemand de l'Economie. "Il y a des spéculations irresponsables au sujet des tests relatifs à l'énergie nucléaire."

Les analystes de Bernstein écrivent pour leur part dans une note que les montants évoqués par le Spiegel semblent correspondre à un scénario extrême envisagé dans le cadre de cet audit.

"Nous avons de sérieux doutes sur la validité de cette affirmation", écrivent-ils au sujet des provisions qui seraient exigées des producteurs allemands d'électricité nucléaire.

En réaction à l'article du Spiegel, un porte-parole de RWE a dit: "D'après nous, il n'y a pas de rapport définitif issu de l'enquête d'experts. Nous nous attendons à ce que nos provisions soient correctes et appropriées. Nous nous attendons également à ce que le test de résistance le confirme."

De même, un porte-parole d'E.ON a déclaré qu'il n'y avait qu'un projet de rapport qui semblait fondé sur un scénario prévoyant des taux d'intérêt négatifs sur les montants à mettre de côté, ce qui "en conséquence n'aboutit pas à une somme réaliste en matière de provisions". (Vera Eckert, Christoph Steitz et Gernot Heller, Juliette Rouillon et Bertrand Boucey pour le service français, édité par Marc Angrand)

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