BOURSE-E.ON/RWE chutent, nouvelles provisions en vue pour le nucléaire

mardi 15 septembre 2015 13h20
 

(Actualisé avec réaction du ministère de l'Economie)

BERLIN, 15 septembre (Reuters) - E.ON et RWE chutent en Bourse de Francfort mardi après une information du site internet de l'hebdomadaire Spiegel selon laquelle les énergéticiens allemands devaient encore provisionner jusqu'à 30 milliards d'euros pour construire des sites de dépôts des déchets nucléaires.

Vers 11h15 GMT, l'action E.ON perd 7,35% à 7,938 euros, à ses plus bas niveaux en 22 ans, et RWE a touché ses plus bas niveaux historiques, en baisse de 6,69% à 11,01 euros, alors que la Bourse de Francfort avance de 0,32%. Les deux valeurs, avec EDF (-4,24%) que Morgan Stanley déclasse à "sous-pondérer", entraînent tout le secteur européen des services aux collectivités (utilities) (-0,9%) qui accuse l'un des plus net replis sectoriels en Europe.

E.ON, RWE, EnBW et Vattenfall doivent démanteler leurs centrales nucléaires d'ici la date limite de 2022 fixée par le gouvernement d'Angela Merkel à la suite de la catastrophe de Fukushima, au Japon, en 2011.

Selon le Spiegel Online, les conclusions préliminaires d'un cabinet d'audit nommé par le ministère de l'Economie montrent un besoin de nouvelles provisions pouvant aller jusqu'à 30 milliards d'euros pour financer leur sortie du nucléaire.

La société d'audit estime que les 39 milliards d'euros déjà provisionnés par les groupes concernés pour démanteler leurs centrales nucléaires sont suffisants, mais il manque selon elle des fonds pour le stockage des déchets nucléaires.

Un porte-parole du ministère de l'Economie a déclaré qu'aucune conclusion n'avait encore été tirée de cet audit et que la réaction négative en Bourse n'était donc pas justifiée.

"Il n'y a toujours pas de résultat de ce test de résistance (...) du point de vue du ministère de l'Economie, il n'y a pas de raison d'avoir une réaction de marché négative", a-t-il dit.

Le ministère de l'Economie avait auparavant démenti tous les montants avancés par Spiegel Online, ajoutant que les résultats étaient attendus plus tard, au cours de l'automne.

De même, en réaction à ces informations, un porte-parole de RWE a dit: "D'après nous, il n'y a pas de rapport définitif issu de l'enquête d'experts. Nous nous attendons à ce que nos provisions soient correctes et appropriées. Nous nous attendons également à ce que le test de résistance le confirme."

De même, un porte-parole d'E.ON a déclaré qu'il n'y avait pas de conclusion officielle, uniquement un projet, qui semblait fondé sur un scénario prévoyant des taux d'intérêt négatifs sur les montants à mettre de côté, ce qui "en conséquence n'aboutit pas à une somme réaliste en matière de provisions". (Tom Käckenhoff, Christoph Steitz et Gernot Heller, Juliette Rouillon pour le service français, édité par Véronique Tison)