BOURSE-E.ON/RWE chutent, nouvelles provisions en vue pour le nucléaire

mardi 15 septembre 2015 10h40
 

BERLIN, 15 septembre (Reuters) - E.ON et RWE chutent en Bourse de Francfort mardi après une information du site internet de l'hebdomadaire Spiegel selon laquelle les énergéticiens allemands devaient encore provisionner jusqu'à 30 milliards d'euros pour construire des sites de dépôts des déchets nucléaires.

Vers 08h15 GMT, l'action E.ON perd 6,09% à 7,98 euros, à ses plus bas niveaux en 22 ans, et RWE abandonne 7,03%, à un plus bas historique de 10,97 euros, alors que la Bourse de Francfort ne cède que 0,3%. Les deux valeurs, avec EDF (-4,8%) que Morgan Stanley déclasse à "sous-pondérer", entraînent tout le secteur européen des services aux collectivités (utilities) (-1,17%) qui accuse un des plus net replis sectoriels en Europe.

E.ON, RWE, EnBW et Vattenfall doivent démanteler leurs centrales nucléaires d'ici la date limite de 2022 fixée par le gouvernement d'Angela Merkel à la suite de la catastrophe de Fukushima, au Japon, en 2011.

Selon le Spiegel Online, les conclusions préliminaires d'un cabinet d'audit nommé par le ministère de l'Economie montrent un besoin de nouvelles provisions pouvant aller jusqu'à 30 milliards d'euros pour financer leur sortie du nucléaire.

La société d'audit estime que les 39 milliards d'euros déjà provisionnés par les groupes concernés pour démanteler leurs centrales nucléaires sont suffisants, mais il manque selon elle des fonds pour le stockage des déchets nucléaires.

En réaction à cet article, un porte-parole de RWE a dit: "D'après nous, il n'y a pas de rapport définitif issu de l'enquête d'experts. Nous nous attendons à ce que nos provisions soient correctes et appropriées. Nous nous attendons également à ce que le test de résistance ("stress test") le confirme."

De même, un porte-parole d'E.ON a déclaré qu'il n'y avait pas de conclusion officielle, juste un projet, qui semblait fondé sur un scénario prévoyant des taux d'intérêt négatifs sur les montants à mettre de côté, ce qui "en conséquence n'aboutit pas à une somme réaliste en matière de provisions". (Tom Kaeckenhoff, Christoph Steitz et Gernot Heller, Juliette Rouillon pour le service français, édité par Véronique Tison)