Le Brésil coupe dans ses dépenses et augmente les impôts

lundi 14 septembre 2015 23h55
 

par Leonardo Goy

BRASILIA, 14 septembre (Reuters) - Le gouvernement brésilien a dévoilé lundi des mesures d'austérité drastiques combinant baisses des dépenses et hausses des impôts pour un montant total de 65 milliards de reals (15 milliards d'euros) dans l'espoir de combler un déficit budgétaire prévisionnel ayant entraîné une dégradation de la note souveraine du pays dans la catégorie spéculative.

L'essentiel de cette somme proviendra du rétablissement pour une durée de quatre ans de la taxe sur les transactions financières (CPMF) qui permettra de lever 32 milliards de reals l'an prochain, à condition que le Congrès se laisse convaincre d'adopter une telle mesure à laquelle il s'est déjà opposé.

Alors que le pays est entré en récession, les baisses de dépenses touchent les programmes de santé et de logement social, les investissements dans les infrastructures, les subventions agricoles ainsi que les salaires et les primes des fonctionnaires.

Les coupes effectuées dans les domaines de la santé et du logement constituent un choix symboliquement fort pour la présidente Dilma Rousseff et son Parti des travailleurs (PT), qui avaient toujours refusé de toucher à ces programmes sociaux.

Le plus emblématique de ces programmes, la Bolsa Familia mise en place par l'ancien président Luiz Inacio Lula da Silva, est épargné. Cette politique permet de distribuer une "bourse familiale" aux ménages modestes sous certaines conditions, notamment que les enfants soient scolarisés.

Le gouvernement brésilien va aussi limiter les crédits d'impôts pour le secteur chimique, réduire de deux milliards de reals les remboursements aux exportateurs de biens manufacturiers et relever jusqu'à 30% la taxe sur les plus-values pour dégager 1,8 milliard de reals de recettes supplémentaires.

Les propositions du ministre des Finances, Joaquim Levy, contiennent aussi une mesure symbolique avec la suppression de 10 ministères fédéraux à Brasilia, ce qui devrait permettre d'économiser 200 millions de reals.

Ce paquet est destiné à combler un trou de 30 milliards de reals figurant dans le projet de budget pour 2016 adressé le mois dernier par Dilma Rousseff au Congrès, l'objectif étant de parvenir à un excédent primaire représentant 0,7% du produit intérieur brut (PIB).   Suite...