Revers judiciaire pour Pfizer sur le Lyrica en Grande-Bretagne

jeudi 10 septembre 2015 15h16
 

LONDRES, 10 septembre (Reuters) - Pfizer a subi jeudi un important revers judiciaire en Grande-Bretagne, la Haute Cour de Londres ayant rejeté ses arguments sur l'application du brevet protégeant le Lyrica, un médicament qui génère quelque 4,6 milliards d'euros de ventes annuelles.

Le Lyrica, également connu sous l'appellation générique de prégabaline, a été initialement développé pour le traitement de l'épilepsie mais des recherches ultérieures ont montré son efficacité dans le traitement des douleurs neuropathiques et la majorité des prescriptions concernent désormais ce type d'affections.

Le brevet originel a expiré l'an dernier mais Pfizer a obtenu un brevet secondaire couvrant la douleur, valide jusqu'en 2017.

L'expiration du brevet initial a permis aux fabricants de médicaments génériques, comme Actavis (racheté par Allergan ) de lancer des versions génériques de la molécule dont l'usage est censé être limité au seul traitement de l'épilepsie et du trouble d'anxiété généralisée.

Mais Pfizer a engagé une action en justice en arguant de l'impossibilité d'empêcher la prescription des génériques du Lyrica pour le traitement de la douleur.

La Haute Cour a conclu que les fabricants de produits génériques n'avaient pas violé le brevet secondaire détenu par Pfizer et que ses arguments visant les prescriptions pour le traitement de la douleur étaient invalides.

"Pfizer est tenu responsable d'avoir menacé sans raison d'engager des procédures pour violation de brevet", précise le jugement.

Le groupe pharmaceutique américain a annoncé son intention de faire appel.

Le NHS, soit le service public de santé britannique, a dépensé près de 250 millions de livres (343 millions d'euros) pour le Lyrica l'an dernier, soit environ 7,5% des ventes mondiales du produit.

Le dossier jugé jeudi est spécifique à la Grande-Bretagne et n'a aucune implication directe pour d'autres marchés.

(Ben Hirschler; Marc Angrand pour le service français, édité par Wilfrid Exbrayat)