L'Inde cherche les moyens de profiter du ralentissement chinois

mardi 8 septembre 2015 11h29
 

NEW DELHI, 8 septembre (Reuters) - Le Premier ministre indien Narendra Modi a réuni mardi des banquiers et milliardaires dans sa résidence de New Delhi pour réfléchir aux moyens pour l'Inde de braver les turbulences économiques mondiales voire de profiter du ralentissement de la croissance chinoise.

La réunion a rassemblé des oligarques parmi lesquels l'homme le plus riche du pays, Mukesh Ambani, le ministre des Finances Arun Jaitley, le gouverneur de la banque centrale Raghuram Rajan, des économistes ainsi que des responsables de banques publiques et privées.

Lors de la rencontre, la Fédération indienne des chambres de commerce et de l'industrie (Assocham) a réclamé des mesures de politique économique pour protéger la troisième économie d'Asie en diminuant fortement les taux d'intérêt et en imposant de nouvelles taxes pour empêcher l'importation de produits chinois bon marché dans des secteurs comme la sidérurgie.

La situation économique de l'Inde s'est considérablement améliorée depuis le trou d'air de 2013, quand la Fed avait annoncé qu'elle diminuait ses rachats d'actifs. L'une des raisons de ce redressement est la baisse du prix des ressources de base que le pays importe. L'inflation, par exemple, qui dépassait 10%, a baissé de moitié.

Le Fonds monétaire international considère l'économie indienne comme l'un des rares points positifs parmi les pays émergents et Narendra Modi espère que son pays pourra séduire les investisseurs qui sortent leur argent de Chine.

Après l'abandon d'une grande réforme agraire en raison de manifestations paysannes et le blocage par l'opposition d'une réforme fiscale destinée à stimuler la croissance, beaucoup s'attendent à voir le Premier ministre, arrivé au pouvoir il y a quinze mois, dévoiler rapidement de nouvelles mesures pour attirer des capitaux étrangers.

Le gouvernement prévoit une croissance de 8% ou plus pour l'exercice 2015-2016, soutenue par les dépenses publiques. Mais l'investissement privé reste faible et les banques et les entreprises sont handicapées par des créances douteuses et un taux du crédit élevé. (Manoj Kumar; Jean-Stéphane Brosse pour le service français)