La Chine prête à lancer son propre "benchmark" sur le pétrole

mercredi 2 septembre 2015 10h17
 

SINGAPOUR, 2 septembre (Reuters) - La Chine pourrait lancer dès le mois prochain un nouveau contrat à terme de référence sur le pétrole brut pour tenter de rivaliser avec le Brent à Londres et le brut léger américain (West Texas Intermediate, WTI), a-t-on appris de trois sources du secteur.

Cette création, qui s'inscrirait dans le cadre de la réforme du marché pétrolier entreprise par Pékin, refléterait l'importance croissance de la Chine dans la fixation des prix du brut tout en augmentant le recours au yuan, la devise dans laquelle il serait coté.

La volatilité actuelle et les interventions répétées des autorités chinoises sur les marchés actions ont toutefois alimenté les doutes sur la pertinence d'une telle initiative.

Le Shanghai International Energy Exchange (INE) a diffusé le mois dernier un projet de contrat à terme en précisant que son lancement pourrait intervenir dès le mois d'octobre, ont dit les sources, qui ont eu accès au document.

La Chine, deuxième consommateur mondial de pétrole, a commencé à réformer son marché en accordant pour la première fois à des raffineurs privés des quotas d'importation de brut, une mesure qui a surpris les intervenants.

"Le développement d'un marché à terme est étroitement lié au marché physique", explique l'INE dans un communiqué adressé à Reuters en réponse à des questions sur le nouveau contrat. "Plus il y a de participants physiques, meilleure sera la liquidité du marché à terme."

Pour fonctionner, un contrat à terme doit s'appuyer sur un marché physique animé dont les prix servent de référence.

Le lancement des "futures" sur le brut à Shanghai a obtenu l'an dernier le feu vert de l'Etat et le contrat envisagé serait le premier permettant à des investisseurs internationaux d'intervenir directement sur le marché.

Des traders expliquent que les futures chinois pourraient prétendre rivaliser avec le Brent londonien, qui fixe le prix d'un brut extrait de champs en déclin de mer du Nord et peut être affecté par des facteurs sans relation avec l'Asie.

(Jacob Gronholt-Pedersen; Marc Angrand pour le service français)