Suzuki va racheter les actions détenues par VW après un arbitrage

dimanche 30 août 2015 19h23
 

TOKYO, 30 août (Reuters) - Le japonais Suzuki Motor a annoncé dimanche qu'il rachèterait à Volkswagen la participation de 19,9% dans son capital qu'il avait vendu au groupe allemand, suite à un règlement prononcé par une cour d'arbitrage international qui met fin au conflit entre les deux constructeurs automobiles.

Suzuki a saisi en novembre 2011 la Cour d'arbitrage internationale de Londres après que Volkswagen a refusé de revendre ses actions Suzuki acquises en janvier 2010 pour 1,7 milliard d'euros, à la suite de l'échec de leur alliance.

Cette participation vaut aujourd'hui 3,8 milliards de dollars (3,4 milliards d'euros) au cours de clôture de vendredi.

Les deux groupes ont salué la clarification de la situation à la suite de cet arbitrage qui a partiellement confirmé la demande reconventionnelle de VW pour rupture de contrat.

Dans un communiqué, VW a déclaré qu'il ne connaîtrait pas l'impact de ce règlement sur son bilan et sur ses résultats tant qu'il n'aurait pas coordonné la cession des actions Suzuki.

Suzuki a fait savoir que ce règlement ne devrait pas avoir d'impact sur ses résultats annuels et qu'il s'attendait à racheter les actions à un prix "raisonnable", sans précision.

L'investisseur activiste Daniel Loeb a appelé Suzuki à annuler les actions rachetées, estimant que le groupe japonais a suffisamment de trésorerie disponible et devrait éviter toute opération susceptible d'affecter les actionnaires existants.

Il a indiqué à plusieurs organes de presse lundi matin au Japon que Suzuki Motor devrait racheter les action a un prix qui ne sera pas trop éloigné du cours de Bourse actuel.

Selon Takaki Nakanishi du Nakanishi Research Institute, spécialiste du secteur automobile, il est "très probable qu'il rachètera (les actions) au cours de clôture de vendredi."

Les deux groupes avaient convenu d'un rapprochement en décembre 2009 pour coopérer dans des domaines tels que les voitures hybrides ou électriques et sur les marchés émergents.

Mais l'alliance s'est gâtée lorsque Suzuki a accusé VW de ne pas dévoiler certaines technologies dans la voiture hybride que le groupe avait promis de partager. VW, à son tour, s'était opposé à l'achat par Suzuki de moteurs diesel à Fiat. (Edward Taylor et Ludwig Burger à Francfort et Maki Shiraki à Tokyo, Juliette Rouillon pour le service français)