LEAD 1-Dudley (Fed) juge une hausse de taux moins urgente

mercredi 26 août 2015 18h49
 

(Actualisé avec précisions, déclarations, contexte)

par Jonathan Spicer

NEW YORK, 26 août (Reuters) - Une hausse des taux de la Réserve fédérale en septembre semble moins s'imposer qu'il y a quelques semaines après les turbulences récentes sur les marchés financiers qui ont accru les risques pour l'économie américaine, a estimé mercredi William Dudley, président de la Fed de New York.

La perspective d'une hausse de taux en septembre "me semble moins impérieuse qu'il y a quelques semaines", a dit ce membre influent de la banque centrale, proche de la présidente Janet Yellen, lors d'un point de presse à la Fed de New York.

C'est la première fois qu'un banquier central américain dit de façon aussi claire que le ralentissement de la croissance chinoise pourrait influencer la politique monétaire du pays.

William Dudley a toutefois laissé la porte ouverte à une hausse de taux à la prochaine réunion des 16 et 17 septembre.

Un premier relèvement de taux "pourrait s'imposer davantage d'ici la réunion, après de nouvelles informations concernant la performance de l'économie américaine et (...) l'évolution des marchés financiers internationaux, qui sont tous importants pour façonner les perspectives de l'économie américaine."

La débâcle des Bourses mondiales ces derniers jours, en réaction au coup de frein de l'économie chinoise et aux inquiétudes concernant son impact sur la croissance mondiale, ont remis en question les anticipations de relèvement des taux de la Fed dès le mois prochain, les investisseurs et économistes ayant tendance à repousser l'échéance à décembre ou au-delà.

Le président de la Fed de New York a ajouté qu'il souhaitait voir d'autres indicateurs économiques, ainsi que l'évolution des marchés dans les semaines à venir, avant de se faire une opinion sur le meilleur moment pour commencer à relever les taux.

"Les derniers développements internationaux ont quelque peu renforcé les risques baissiers pour la croissance économique américaine", a-t-il déclaré à la presse, le ralentissement chinois et la chute des cours des matières premières pesant sur les marchés émergents, laissant planer le risque d'un ralentissement de la croissance mondiale et d'une demande plus faible pour les produits et services américains. (Jonathan Spicer, Véronique Tison pour le service français, édité par Juliette Rouillon)