Le Japon en difficulté sur le contrat de sous-marins australien

mercredi 26 août 2015 12h09
 

ADELAIDE, Australie, 26 août (Reuters) - Les chances du Japon de décrocher un contrat de 50 milliards de dollars australiens (31 milliards d'euros) pour la construction de sous-marins destinés à l'armée australienne semblent réduites mercredi, une délégation nippone ayant refusé de s'engager à construire les bâtiments sur le sol australien.

Canberra souhaite commander 12 sous-marins, un contrat géant qui intéresse entre autres les japonais Mitsubishi Heavy Industries et Kawasaki Heavy Industries, mais aussi l'allemand ThyssenKrupp Marine Systems et le groupe public français DCNS.

Ces deux derniers ont promis que la construction des sous-marins serait intégralement réalisée en Australie s'ils emportaient l'appel d'offres.

Mais les hauts-fonctionnaires japonais et les représentants de Mitsubishi Heavy et Kawasaki Heavy venus à Adelaide défendre leur cause n'ont pas fait la même promesse mercredi.

La délégation emmenée par le général en retraite Takahashi Saito a préféré mettre en avant le savoir-faire technologique de pointe du Japon et ses relations stratégiques étroites avec l'Australie lors des présentations publiques.

Deux sources qui ont assisté à des réunions privées entre responsables australiens et japonais ont déclaré que ces derniers n'avaient visiblement pas pris la mesure des enjeux politiques du dossier et qu'ils semblaient avoir pris du retard sur leurs rivaux.

Une source du secteur de la défense à Tokyo a déclaré par ailleurs que le dossier allemand semblait pour l'instant le mieux placé.

"Il y a des inquiétudes dans les milieux gouvernementaux japonais", a dit une autre source du secteur à Tokyo.

Chacun des prétendants au contrat est censé présenter trois propositions, l'une prévoyant la construction hors d'Australie, une deuxième un assemblage partiel en Australie et une troisième une construction intégrale dans des chantiers navals australiens.

Un comité d'experts doit rendre sa recommandation au gouvernement de Canberra en novembre.

(Matt Siegel, avec Tim Kelly à Tokyo; Marc Angrand pour le service français)