LEAD 2-Grèce-Lafazanis tente à son tour de former un gouvernement

lundi 24 août 2015 15h38
 

(Actualisé avec nouvelle tentative)

par Michele Kambas et Renee Maltezou

ATHENES, 24 août (Reuters) - Panagiotis Lafazanis, ancien ministre grec de l'Energie à l'origine de la scission de Syriza, a comme prévu été invité à son tour à former un nouveau gouvernement mais a d'emblée reconnu que la tâche était insurmontable, ce qui signifie que des élections anticipées auront bien lieu en septembre.

Le chef de file de l'Unité populaire, parti anti-austérité fondé vendredi par les frondeurs de Syriza au lendemain de la démission du Premier ministre Alexis Tsipras, dispose néanmoins de trois jours pour essayer de former une coalition.

Les conservateurs de Nouvelle Démocratie avaient renoncé quelques heures plus tôt à cette tâche impossible compte tenu des rapports de force dans le Parlement issu des législatives de janvier et des oppositions irréductibles au sujet du troisième plan d'aide financière accordé à la Grèce en échange de nouvelles mesures d'austérité.

Avec 25 députés, Unité populaire est devenue la troisième force parlementaire et la Constitution prévoit, en cas de démission d'un gouvernement moins d'un an après des élections législatives, que la troisième force politique dispose elle aussi de trois jours.

Lafazanis a exclu toute entente avec quiconque soutient le nouveau plan d'aide, ce qui limite ses perspectives d'alliance aux seuls communistes du KKE (15 élus) et aux néo-nazis d'Aube dorée (17 élus). Or, ces trois groupes, qu'on imagine de toute façon mal cohabiter, ne disposeraient que de 57 élus sur 300.

L'ancien ministre de l'Energie a toutefois indiqué qu'il entendait bien exploiter les trois jours pleins qui lui sont alloués à compter de lundi.

"Nous n'avons aucune illusion en ce qui concerne la formation d'un gouvernement hostile au plan de sauvetage avec un tel Parlement", a-t-il déclaré à la presse. "Nous allons utiliser ce mandat pour montrer que la seule chose qui serve les intérêts des Grecs, c'est un nouveau Parlement et un nouveau gouvernement opposés au plan d'aide", a ajouté Lafazanis.   Suite...