Le vide du pouvoir se prolonge en Grèce

lundi 24 août 2015 01h11
 

par Greg Roumeliotis et David Stamp

ATHENES, 24 août (Reuters) - Sans surprise, les discussions menées par la droite grecque pour tenter de former une nouvelle coalition gouvernementale n'ont rien donné ce week-end mais un nouveau tour de consultations est attendu en début de semaine, prolongeant une situation de vide du pouvoir à Athènes qui entrave la mise en oeuvre de l'accord conclu avec ses créanciers.

Conformément à la Constitution, le président de la République a confié au chef de file de Nouvelle démocratie (ND), deuxième force politique au Parlement, un mandat pour essayer de trouver une coalition à la suite de la démission jeudi du Premier ministre, Alexis Tsipras.

Evangelos Meimarakis disposait de trois jours pour mener à bien cette mission, impossible compte tenu des rapports de force dans le Parlement issu des législatives de janvier et des oppositions irréductibles sur le troisième plan de renflouement financier accordé à la Grèce en échange de nouvelles mesures d'austérité. Le délai a expiré dimanche.

Pour autant, cette phase de consultations n'est pas terminée puisque Panagiotis Lafazanis, ancien ministre de l'Energie du gouvernement Tsipras à l'origine de la scission de 25 députés du groupe parlementaire Syriza, va à son ton tour s'atteler à la tâche.

Avec 25 députés, son nouveau groupe, Unité populaire, est devenu la troisième force parlementaire. Et la Constitution prévoit, en cas de démission d'un gouvernement moins d'un an après des élections législatives, que la troisième force politique dispose elle aussi de trois jours.

Lafazanis a prévenu qu'il excluait toute entente avec quiconque soutient le nouveau plan de renflouement, à hauteur de 86 milliards d'euros. Ce critère limite ses possibilités aux seuls communistes du KKE (15 élus) et aux néo-nazis d'Aube dorée (17 élus). Et ces trois groupes, qu'on imagine de toute façon mal cohabiter, ne disposerait que de 57 élus sur 300.

Mais Lafazanis a aussi indiqué qu'il entendait bien utiliser les trois jours pleins qui lui seront alloués à compter de lundi. S'il échoue à son tour, alors seulement le président Prokopis Pavlopoulos nommera un Premier ministre chargé d'expédier les affaires courantes et convoquera des élections anticipées.

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