LEAD 2-Le Bundestag donne une "nouvelle chance" à la Grèce

mercredi 19 août 2015 13h19
 

BERLIN, 19 août (Reuters) - Les députés allemands, invités par le gouvernement à donner une nouvelle chance à Athènes, ont donné mercredi leur feu vert au troisième plan d'aide à la Grèce, malgré la fronde d'une partie des élus conservateurs.

Le plan, d'un montant de 86 milliards d'euros, a été approuvé par 454 voix contre 113 et 18 abstentions. Soixante-trois élus conservateurs ont voté "non", soit trois de plus que lors du vote blanc de mardi soir.

Lors du vote du mois dernier sur l'ouverture des négociations en vue de ce nouveau plan, il y avait eu 119 votes contre.

"Evidemment, avec l'expérience de ces dernières années et de ces derniers mois, il n'y a pas de garantie que tout marchera et le doute est permis. Mais, dans la mesure où le Parlement grec a déjà adopté une grande part des mesures, il serait irresponsable de laisser passer la chance d'un nouveau départ en Grèce", a déclaré Wolfgang Schäuble avant le vote.

A l'appui de leur refus, les frondeurs soulignent notamment que rien ne garantit la participation du Fonds monétaire international (FMI) au nouveau plan.

Mercredi, Wolfgang Schäuble a répété que la participation du FMI était impérative, mais l'institution a fait de l'allégement de la dette grecque une condition de son implication.

"J'ai bon espoir que nous parviendrons à une évaluation commune de la viabilité de la dette grecque en octobre", a-t-il déclaré, excluant à nouveau toute réduction du montant des dettes d'Athènes.

Ce week-end, Angela Merkel a évoqué la possibilité d'allonger la maturité de la dette et d'en réduire les taux d'intérêt.

Si tous les Parlements de la zone euro approuvent le plan, ce qui semble probable, 13 milliards d'euros devraient être versés dès jeudi à Athènes, qui pourra ainsi honorer une partie de ses dettes arrivées à échéance, et dix milliards supplémentaires devraient aller à la recapitalisation des banques grecques.

Les parlementaires espagnols, estoniens et autrichiens ont donné leur feu vert mardi. Aux Pays-Bas, où le vote doit avoir lieu dans la journée, une motion de censure devrait être déposée par le Parti pour la liberté de l'europhobe Geert Wilders.

(Caroline Copley, Jean-Philippe Lefief pour le service français, édité par Marc Angrand)