La Turquie laisse ses taux inchangés malgré la chute de la livre

mardi 18 août 2015 15h59
 

ISTANBUL, 18 août (Reuters) - La banque centrale turque a laissé mardi ses taux d'intérêt inchangés à la faveur d'une diminution des tensions inflationnistes, qui lui permet de maintenir une attitude prudente alors que les incertitudes politiques continuent de faire baisser la livre.

Le Premier ministre turc, Ahmet Davutoglu, devait annoncer dans la journée qu'il renonçait à former le prochain gouvernement après l'échec des discussions engagées avec plusieurs partis d'opposition, ouvrant ainsi la voie à de nouvelles élections législatives à l'automne, le scrutin de juin n'ayant dégagé aucune majorité parlementaire.

Ces turbulences politiques ont porté à plus de 19% la dépréciation de la livre turque depuis le début de l'année, ce qui justifie, pour certains analystes, une remontée des taux d'intérêt.

La banque centrale a néanmoins maintenu son taux des prises en pension à 7,5%, se contentant de déclarer qu'elle allait mettre en oeuvre une politique plus restrictive en matière de liquidités et évoquant un resserrement de sa fourchette de taux dans le cadre du mouvement global de normalisation des politiques monétaires.

"La banque centrale turque, généralement accommodante, a laissé son taux directeur inchangé face à la détérioration dramatique du sentiment envers les actifs turcs", a commenté Nicholas Spiro, du cabinet de conseil Spiro Sovereign Strategy.

"La décision de la banque centrale ajoute l'insulte à l'injure et revient à savonner la planche à la livre", ajoute-t-il.

La livre turque a inscrit un nouveau plus bas face au billet vert après l'annonce de la décision, tombant à 2,9005 pour un dollar.

Huit des 12 économistes interrogés par Reuters avant la réunion de politique monétaire avaient dit s'attendre à voir le taux de prise en pension rester inchangé mais les quatre autres tablaient sur un relèvement de 50 à 100 points de base.

S'exprimant avant la décision de la banque centrale, le ministre de l'Economie, Nihat Zeybecki, qui plaide régulièrement pour une baisse des taux, tout comme le président Recep Tayyip Erdogan, a déclaré que les appels à un durcissement de la politique monétaire n'étaient pas bons pour la Turquie et que l'appréciation récente du dollar était "totalement spéculative".   Suite...