William Ackman vise un retour de Mondelez dans le giron de Kraft-sces

vendredi 7 août 2015 08h50
 

BOSTON/NEW YORK, 7 août (Reuters) - La réussite du pari fait par William Ackman sur Mondelez International pourrait dépendre pour une grande partie de la présomption que Kraft Heinz ne va pas tarder à lancer une offre sur le propriétaire de marques telles que Cadbury, Orea, Toblerone, Lu ou encore TUC, ont dit des sources proches du milliardaire activiste.

Dans la soirée de mercredi, son fonds Pershing Square Capital Management, doté de 20 milliards de dollars (18,3 milliards d'euros), a dit avoir dépensé 5,5 milliards pour prendre une part de 7,5% dans Mondelez, son plus gros investissement à ce jour.

Ce n'est pas la première fois que William Ackman s'intéresse à Mondelez. Pershing Square en a brièvement été le propriétaire en 2013 dans la foulée de la scission de l'entreprise de Kraft en 2012.

Selon des analystes, William Ackman a plusieurs moyens à sa disposition pour augmenter le retour sur investissement dans Mondelez.

Le programme de réduction des coûts en cours pourrait être amplifié ou le conseil d'administration pourrait remplacer Irene Rosenfeld, l'actuelle directrice générale de Mondelez, âgée de 62 ans.

Mais, selon des sources proches du dossier, la solution la plus vraisemblable serait de voir Kraft Heinz, nouveau géant du secteur formé il y a quelques mois, remettre la main sur son ancienne division.

Un ralentissement de la demande des aliments conditionnés a été le déclencheur d'une vague de consolidation dans le secteur, les entreprises voulant réduire leurs coûts et gagner en efficacité.

L'exemple le plus spectaculaire de cette vague a justement été l'annonce, fin mars, de la fusion entre Kraft Foods et son compatriote H.J. Heinz, contrôlé par le brésilien 3G Capital et par Berkshire Hathaway, la holding de l'investisseur Warren Buffett.

Au cours de Bourse actuel, Mondelez représente plus de 75 milliards de dollars.

Ceci étant dit, même si les analystes pensent qu'une reprise de Mondelez par Kraft Heinz est une transaction pertinente, ils notent que le travail d'intégration de Kraft et de Heinz n'est pas encore terminé et que, de ce fait, l'entreprise n'est peut-être pas en mesure de se lancer dans une nouvelle acquisition.

"Nous ne pensons pas qu'une fusion Kraft Heinz-Mondelez soit totalement exclue, surtout dans quelques années. Mais, à court terme, nous avons des doutes au sujet d'une telle opération", ont écrit les analystes de JP Morgan dans une note de recherche. (Svea Herbst-Bayliss et Lauren Hirsch, Benoît Van Overstraeten pour le service français, édité par Wilfrid Exbrayat)