Le président polonais prête serment, la cohabitation commence

jeudi 6 août 2015 13h53
 

VARSOVIE, 6 août (Reuters) - Le nouveau président polonais, le conservateur Andrzej Duda, a prêté serment jeudi, marquant un glissement à droite du centre de gravité politique du pays et le début d'une cohabitation qui pourrait être tendue avec le gouvernement.

En Pologne, le Premier ministre concentre l'essentiel du pouvoir mais le président commande les forces armées, dispose d'un pouvoir d'initiative législative ainsi que d'un droit de veto et il peut intervenir dans la politique étrangère.

Vainqueur surprise en mai de l'élection présidentielle face au chef de l'Etat sortant, Bronislaw Komorowski, Andrzej Duda, un avocat de 43 ans, pourrait donc user de ses prérogatives pour tenter d'imposer certaines idées de son parti, Droit et justice (PiS), une formation plus conservatrice et plus proche de l'Eglise catholique que la Plate-forme civique (PO), au gouvernement depuis 2007.

PiS est actuellement en tête des sondages réalisés en vue des élections législatives d'octobre.

"Je crois à une bonne coopération avec le gouvernement", a déclaré jeudi le nouveau président dans un discours devant les deux chambres du Parlement.

Mais il a également repris ses promesses de campagne, qui incluent l'abaissement de l'âge de la retraite, un relèvement du seuil d'imposition sur le revenu et de nouvelles aides pour les familles.

PiS défend des positions conservatrices sur les dossiers sociaux et moraux mais aussi une implication plus forte de l'Etat dans l'économie que celle prônée par PO.

Des experts estiment que la mise en oeuvre du programme d'Andrzej Duda pourrait coûter environ 300 milliards de zlotys (72 milliards d'euros) d'ici 2020, soit l'équivalent de 3% du produit intérieur brut (PIB) chaque année. Quelques heures avant la prestation de serment du président, le ministre des Finances polonais a jugé un tel coût "absolument insoutenable" pour le budget 2016.

Dans son discours le nouveau chef de l'Etat, très critique envers la politique de la Russie vis-à-vis de l'Ukraine, a également affirmé que son pays avait besoin de davantage de garanties de l'Otan en matière de sécurité et d'une présence accrue de l'alliance sur son sol.

(Pawel Sobczak; Simon Carraud et Marc Angrand pour le service français)