GB -L'ex-trader Tom Hayes reconnu coupable dans le scandale du Libor

lundi 3 août 2015 16h35
 

LONDRES, 3 août (Reuters) - Tom Hayes, ex-trader vedette d'UBS et de Citigroup, a été reconnu coupable de manipulations présumées du marché des taux d'intérêt Libor, lundi à Londres, lors du premier procès d'un prévenu dans le cadre de cette affaire qui défraye la chronique financière depuis des années.

L'ancien trader en produits dérivés sur le yen, qui est âgé de 35 ans, risque jusqu'à dix ans de prison pour chacun des huit chefs d'accusation de tentative d'escroquerie dont il a été reconnu coupable. La peine sera prononcée ultérieurement.

Il est accusé d'avoir manipulé les taux Libor (London Interbank offered rate), référence de contrats financiers portant sur des montants estimés à 450.000 milliards de dollars, sur une période allant de 2006 à 2010.

Son procès, qui a débuté le 26 mai dernier, a marqué une nouvelle étape dans l'enquête sur ce scandale qui a éclaté il y a sept ans, donné lieu à l'inculpation de 21 personnes et obligé certaines des banques et firmes de courtage les plus puissantes au monde à verser quelque 9 milliards de dollars d'amendes.

Le Serious Fraud Office (SFO) britannique accuse Tom Hayes d'avoir été au coeur d'une conspiration avec les traders et courtiers d'une dizaines d'institutions financières, et de les avoir persuadés, parfois à l'aide de pots-de-vin, de l'aider à manipuler les taux d'intérêt pour en tirer des bénéfices.

Les taux Libor sont des moyennes des taux pratiqués par différentes banques pour des échéances données, calculées sur la base des déclarations sur l'honneur faites par un panel de grandes banques.

L'accusation a relevé que Tom Hayes avait ignoré les signaux d'alerte alors qu'une enquête lancée au niveau international dès 2008, au plus fort de la crise financière, s'était accélérée dans les années 2009 et 2010.

Durant son procès, l'ex-trader, qui plaidait non coupable, a déclaré qu'il n'avait jamais caché ses pratiques et que ses responsables hiérarchiques étaient au courant.

Dans un communiqué, la banque UBS, l'un des anciens employeurs du prévenu, a indiqué qu'elle n'avait pas à "commenter une affaire entre le SFO et M. Hayes". (Kirstin Ridley; Jean-Stéphane Brosse pour le service français)