S&P-La dette du Brésil pourrait passer en catégorie spéculative

mardi 28 juillet 2015 21h15
 

SAO PAULO, 28 juillet (Reuters) - Standard & Poor's a annoncé mardi que la note de crédit du Brésil pourrait passer en catégorie spéculative dans les 12 à 18 mois, si le résultat d'un certain nombre d'enquêtes pour corruption continuent à entraver la croissance économique du pays et la mise en place de mesures d'austérité.

L'agence de notation a confirmé la note "BBB-" du Brésil, dernière note en catégorie dite d'investissement, mais a abaissé la perspective qui y est associée, de "stable" à "négative", ce qui veut dire qu'une révision en baisse de sa notation de la dette souveraine du pays est possible dans les 12 a 18 mois.

Cette décision a provoqué une chute du real, de 2% à un point bas de 3,43 pour un dollar, son plus bas en 12 ans.

"C'est le résultat d'années de mauvaises politiques budgétaires. Le Brésil en paie finalement le prix", dit Will Landers, gérant de portefeuille chez BlackRock. "Nous allons voir comment le gouvernement va réagir à cette décision."

Il s'agit d'un sérieux revers pour le ministre brésilien des Finances, Joaquim Levy, qui cherche à gagner la confiance des investisseurs vis-à-vis de la première économie d'Amérique latine, qui traverse une phase de profonde récession.

S&P a précisé dans un communiqué qu'elle estimait que les risques économiques et politiques associés à la mise en place du plan d'austérité de Joaquim Levy avaient augmenté.

"Nous pensons qu'il y a plus d'une chance sur trois que le changement de politique soit confronté à de nouveaux dérapages (...) et que le retour à une trajectoire de croissance prendra plus longtemps que prévu", écrit l'analyste de l'agence de notation, Lisa Schineller, dans le communiqué.

Même si certains responsables du gouvernement craignaient un abaissement des notes de crédit du Brésil, ils étaient peu à s'attendre à ce que S&P revoit sa position aussi rapidement.

"Cela a été une surprise pour l'équipe", a dit un responsable du ministère bésilien des Financement. (Walter Brandimarte, Juliette Rouillon pour le service français)