Sigmar Gabriel critique les positions de Schäuble sur la Grèce

dimanche 19 juillet 2015 14h24
 

BERLIN, 19 juillet (Reuters) - Le ministre allemand de l'Economie Sigmar Gabriel critique son collègue des Finances Wolfgang Schäuble pour avoir défendu l'idée d'une sortie temporaire de la Grèce de la zone euro, dans une interview qui sera diffusée dimanche par la ZDF.

"A mon avis, il n'était pas raisonnable de présenter cette suggestion comme une idée allemande", estime le patron du Parti social-démocrate (SPD), partenaire de coalition des conservateurs (CDU-CSU) d'Angela Merkel.

Sigmar Gabriel estime que Wolfgang Schäuble, conservateur, a provoqué le SPD, des propos qui reflètent les tensions croissantes au sein de la coalition à propos de la crise de la dette grecque.

"Je dirais qu'on aurait dû faire autrement, d'autant plus qu'il savait que nous, sociaux-démocrates, ne sommes prêts à évoquer une sortie de la Grèce de la zone euro uniquement dans le cas où les Grecs le souhaiteraient eux-mêmes", poursuit Sigmar Gabriel, qui est également vice-chancelier.

Le ministre des Finances a émis l'idée d'une sortie de la Grèce de la zone euro pendant cinq ans, assurant que cette proposition avait été acceptée par le SPD. Mais Sigmar Gabriel dit n'avoir été informé des détails du projet que lorsqu'il a été présenté lors des négociations à Bruxelles.

Le ministre de l'Economie ajoute encore que Wolfgang Schäuble était "en grave conflit" avec Angela Merkel sur la question de ce "Grexit" temporaire, la chancelière estimant que cette solution n'était pas viable.

Dans une interview à l'hebdomadaire Der Spiegel, Wolfgang Schäuble, 72 ans, déclare qu'il pourrait toujours demander au président Joachim Gauck de le relever de ses fonctions si des problèmes devaient surgir en cas d'opinions divergentes entre lui-même et la chancelière au sujet de la Grèce.

Alors que l'ancien directeur général du Fonds monétaire international Dominique Strauss-Kahn accuse dans une tribune parue ce week-end l'Allemagne d'imposer un "diktat" qui peut mener l'Union européenne à sa perte, Sigmar Gabriel juge injustes les critiques internationales contre Berlin sur sa gestion de la crise grecque.

"L'Allemagne a apporté une grande contribution à tous les programmes (de renflouement) et a pris de gros risques", dit-il.

Il ajoute qu'il serait erroné de prendre des risques financiers sur la Grèce sans lui demander d'effectuer des contreparties car l'Italie, l'Espagne et le Portugal pourraient alors demander le même traitement de faveur et "la zone euro n'y survivrait pas".

Pour le ministre allemand de l'Economie, il y a de bonnes chances qu'Athènes mette en oeuvre les réformes demandées. "Alors, il sera prouvé que cette voie était la bonne", déclare-t-il. (Michelle Martin; Jean-Stéphane Brosse pour le service français)