DSK accuse l'Allemagne de jouer un jeu "mortifère" pour l'Europe

samedi 18 juillet 2015 19h58
 

PARIS, 18 juillet (Reuters) - L'ancien directeur général du Fonds monétaire international, Dominique Strauss-Kahn, accuse l'Allemagne d'imposer un "diktat" qui peut mener l'Union européenne à sa perte, dans une lettre ouverte qui déplore les conditions dans lesquelles un accord avec la Grèce a été trouvé.

Dans sa "lettre à es amis allemands", Dominique Strauss-Kahn estime que la longue nuit de négociations après laquelle le Premier ministre grec Alexis Tsipras a accepté un plan de sauvetage en échange de mesures draconiennes a été dictée par l'idéologie et non l'intérêt européen.

Il ne dit mot des réformes demandées et n'entre donc pas dans le débat économique où le FMI a fait entendre une voix divergente de celle de Berlin en souhaitant que la dette grecque soit restructurée, mais se place sur le terrain politique.

S'il juge "insuffisant mais heureux" que l'hypothèse d'une sortie de la Grèce de la zone euro, évoquée par l'Allemagne, ait été écartée, il déplore "les conditions de cet accord (...) proprement effrayantes pour qui croit en l'avenir de l'Europe".

"Ce qui s'est passé pendant le week-end dernier est pour moi fondamentalement néfaste, presque mortifère", écrit "DSK".

L'ex-ministre français des Finances dit s'adresser à ses "amis allemands" qui comme lui "croient en l'Europe que nous avons voulu ensemble naguère", et à sa culture qui "incarne et revendique (...) une solidarité citoyenne".

"De cette culture, nous sommes dépositaires (...) Mais le démon n'est jamais loin qui nous fait revenir à nos errements passés. C'est ce qui s'est produit pendant ce week-end funeste", insiste-t-il.

"Sans discuter en détail les mesures imposées à la Grèce pour savoir si elles sont bienvenues, légitimes, efficaces, adaptées, ce que je veux souligner ici c'est que le contexte dans lequel ce diktat a eu lieu crée un climat dévastateur."

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