Bettencourt-Le parquet fait appel de la relaxe de Prévost-Desprez

jeudi 16 juillet 2015 14h59
 

BORDEAUX, 16 juillet (Reuters) - Le parquet de Bordeaux a annoncé jeudi avoir fait appel de la relaxe de la juge de Nanterre Isabelle Prévost-Desprez qui était poursuivie pour "violation du secret professionnel" dans le cadre d'un volet de l'affaire Bettencourt.

L'information avait été dévoilée par Mediapart.

Le tribunal correctionnel avait relaxé la juge en faisant état de "coïncidences troublantes", mais sans que cela puisse constituer des "preuves suffisantes".

Le parquet avait requis une peine d'amende de 5.000 euros.

La présidente de la 15e chambre correctionnelle du tribunal de Nanterre était poursuivie pour des fuites à destination des journalistes du Monde Gérard Davet et Jacques Follorou, qui avaient mis en ligne un article alors qu'une perquisition au domicile de l'héritière de L'Oréal Liliane Bettencourt était en cours en 2010.

Deux SMS envoyés par la juge à Jacques Follorou, avec lequel elle avait co-signé quelques mois auparavant un livre intitulé "Un juge à abattre", avaient été retrouvés pendant l'instruction sans que leur contenu soit dévoilé.

Isabelle Prévost-Desprez a reconnu l'existence de ces deux messages mais a nié avoir informé les journalistes de la perquisition. Elle a reconnu avoir envoyé l'un d'entre eux pour préciser qu'elle ne se trouvait pas sur place, chez Liliane Bettencourt, contrairement à ce qui était écrit par Le Monde.

La magistrate était également accusée d'avoir transmis des éléments du contenu des auditions en juillet 2010 de deux témoins de l'affaire Bettencourt, ce qu'elle a nié.

L'enquête avait établi que la magistrate avait eu de nombreux échanges avec 18 journalistes ou organes de presse entre le 23 juillet et le 1er septembre 2010.

Isabelle Prévost-Desprez, chargée d'un supplément d'information dans l'affaire Bettencourt, s'intéressait alors aux liens entre la milliardaire et le financement de la campagne électorale de 2007 du futur président Nicolas Sarkozy.

L'ex-chef de l'Etat, mis en examen pour abus de faiblesse au détriment de l'héritière de L'Oréal en mars 2013, avait finalement bénéficié d'un non-lieu en octobre 2013. (Claude Canellas, édité par Sophie Louet)