La BCE pourrait relâcher bientôt la pression sur la Grèce

mardi 14 juillet 2015 19h20
 

FRANCFORT/ATHENES, 14 juillet (Reuters) - La Banque centrale européenne (BCE) pourrait relâcher la pression sur la Grèce cette semaine, mais il faudra au préalable que les parlementaires grecs approuvent de douloureuses réformes et qu'elle soit assurée qu'Athènes respectera les prochaines échéances de sa dette, apprend-on de sources proches du dossier.

Les obstacles sont de taille mais le soutien attendu du Parlement à l'accord conclu par le Premier ministre Alexis Tsipras ouvre la voie à une attitude plus souple de la part de la BCE qui pourrait injecter des liquidités dans le système bancaire grec et permettre ainsi aux banques de rouvrir.

Si les parlementaires à Athènes votent mercredi en faveur des sévères réformes exigées, l'Europe pourrait accorder un prêt relais à la Grèce, ce qui lui permettraitt de faire face à une importante échéance de remboursement due à la BCE lundi.

La Grèce a notamment besoin de 3,5 milliards d'euros dès lundi prochain pour rembourser des obligations arrivant à échéance détenues par la BCE. Elle doit aussi respecter des échéances de dette vis-à-vis du FMI.

Globalement pour le mois de juillet, Athènes a besoin de sept milliards d'euros, selon les estimations des institutions représentant ses créanciers. Elle aura besoin de cinq milliards de plus pour couvrir ses besoins de remboursement d'ici mi-août.

Le prêt relais devrait à son tour permettre à la BCE d'entrer dans la boucle, en donnant son feu vert à de nouveaux financements d'urgence pour la première fois depuis trois semaines, ce qui donnerait un petit coup de pouce aux banques grecques en grande difficulté et à l'économie en général.

Deux sources proches du dossier ont fait savoir qu'un relèvement du plafond des liquidités d'urgence (ELA) aux banques grecques, au-delà des 89 milliards d'euros actuel, serait possible dans ces conditions, à l'occasion de la réunion du conseil des gouverneurs de la BCE prévue mercredi et jeudi.

Fin juin, la BCE a officiellement gelé son aide, obligeant les banques à fermer leurs guichets et à limiter le montant des retraits aux distributeurs de billets à 60 euros par jour.

La réouverture du robinet de liquidités d'urgence leur permettrait de rouvrir les guichets, ce qui rétablirait un semblant de normalité dans les rues, même si les responsables s'attendent à ce qu'elles continuent à rationner les retraits.

Cela permettrait ainsi à la banque centrale grecque d'injecter des liquidités qui, selon un responsable, sont actuellement dans ses coffres, dans l'économie via les banques. (John O'Donnell et George Georgiopoulos, Juliette Rouillon pour le service français, édité par Véronique Tison)