Les exportateurs allemands voient des opportunités en Iran

mardi 14 juillet 2015 17h46
 

FRANCFORT/BERLIN, 14 juillet (Reuters) - Les exportations allemandes vers l'Iran pourraient quadrupler dans les prochaines années en conséquence de l'accord sur le programme nucléaire de Téhéran conclu mardi, estiment des organisations professionnelles.

"La modernisation du secteur pétrolier en particulier présente de grandes opportunités pour les fabricants allemands de machines et d'équipements", a déclaré Ulrich Grillo, le président de la fédération BDI de l'industrie.

Dans un communiqué, il dit s'attendre à ce que les exportations allemandes vers l'Iran grimpent à plus de 10 milliards d'euros "à moyen terme", contre 2,4 milliards l'an dernier.

L'industrie automobile, la chimie, la pharmacie et les énergies renouvelables devraient également bénéficier de la levée progressive des sanctions occidentales, ajoute-t-il.

Volker Treier, responsable des exportations à la fédération DIHK des chambres de commerce, s'attend à ce que les exportations allemandes vers l'Iran doublent en l'espace de deux ans pour atteindre les cinq milliards d'euros.

Interrogé par téléphone à Téhéran, où il est actuellement en déplacement, il a noté que 80 firmes allemandes avaient des filiales en Iran et qu'un millier d'autres y étaient représentées.

Les exportations allemandes vers l'Iran ont représenté 1,8 milliard d'euros en 2013, contre 4,4 milliards en 2005. Dans l'anticipation d'une levée prochaine des sanctions, elles ont toutefois bondi de 30% l'an dernier.

Selon des sources politiques, le ministre de l'Economie Sigmar Gabriel envisage de faire le voyage de Téhéran ce mois-ci mais cette information n'a pas été confirmée.

L'assocation VDMA de la construction mécanique évoque elle aussi des perspectives intéressantes mais se garde bien de parler de nouvel "Eldorado".

Klaus Friedrich, son expert pour l'Iran, estime que l'Allemagne peut regagner à moyen terme 15 à 20% des exportations du secteur vers l'Iran, mais pas plus.

"Même dans le scénario le plus optimiste, les firmes chinoises conserveront plus de 10% du marché et la Corée défendra férocement ses parts de marché récemment gagnées", dit-il. "Et il ne faut pas oublier les Américains qui seront de retour." (Georgina Prodhan, Rene Wagner et Andreas Rinke, Véronique Tison pour le service français))