CORR-LEAD 1-L'Europe devrait alléger davantage la dette grecque-FMI

mardi 14 juillet 2015 18h17
 

(Au §7 bien lire juillet au lieu de juin)

14 juillet (Reuters) - La Grèce va avoir besoin d'un allègement de sa dette qui aille bien au-delà de ce que ses partenaires européens s'apprêtent à envisager compte tenu de la désagrégation de son économie et de son secteur bancaire au cours des deux dernières semaines, selon un rapport confidentiel du FMI auquel Reuters à eu accès.

L'analyse mise à jour de la soutenabilité de la dette du pays a été envoyée aux gouvernements de la zone euro lundi soir, quelques heures après qu'Athènes et ses 18 partenaires de la zone euro eurent conclu un accord de principe ouvrant la voie à des négociations en vue d'un troisième plan de sauvetage de 82 à 86 milliards de dollars en échange de nouvelles mesures d'austérité et d'un train de réformes structurelles.

"La détérioration spectaculaire de la soutenabilité de la dette souligne la nécessité d'un allègement à une échelle qui devrait aller bien plus loin que ce qui est envisagé à ce jour -- et ce qui a été proposé par le MES ", dit le rapport, qui fait référence au Mécanisme européen de Stabilité.

Les Etats européens devraient accorder à la Grèce une période de grâce de 30 ans sur le service de toute sa dette européenne, y compris les nouveaux prêts, ainsi qu'une prolongation tout a fait considérable, ou bien réaliser des transferts annuels explicites au budget de l'Etat grec ou accepter de "sérieuses décotes ("haircuts")" de la dette, ajoute-t-il.

La directrice générale du FMI, Christine Lagarde, a participé samedi et dimanche aux réunions des ministres des Finances puis des chefs d'Etat et de gouvernement de la zone euro qui ont débouché sur un accord de sortie de crise pour la Grèce. Selon une source de l'UE, les nouvelles évaluations du FMI ont été communiquées aux ministres des Finances samedi et étaient connues des chefs d'Etat et de gouvernement avant la conclusion de l'accord, au petit matin lundi.

L'étude du FMI note en particulier que la fermeture des banques grecques et l'établissement de contrôles des capitaux, le 29 juin, prélevaient un "lourd tribut sur le système bancaire et l'économie, entraînant une nouvelle grave détérioration de la soutenabilité de la dette par rapport à ce qui avait été projeté dans une note récemment publiée."

Cette dernière note était sortie le 2 juillet, trois jours avant le référendum organisé en Grèce sur les demandes des créanciers internationaux.

Le nouveau rapport estime que la dette grecque représentera jusqu'à 200% du produit intérieur brut dans les deux prochaines années, au lieu d'un pic de 177% jusqu'ici prévu.

En 2022, le ratio serait encore de 170%, au lieu d'une évaluation précédente de 142%. (Paul Taylor, Juliette Rouillon et Véronique Tison pour le service français)