Les Grecs entre soulagement et colère

lundi 13 juillet 2015 13h48
 

par George Georgiopoulos et Matthias Williams

ATHENES, 13 juillet (Reuters) - Les Grecs ont accueilli lundi matin la nouvelle d'un accord à Bruxelles sur la dette et un nouveau programme d'aide international avec des sentiments contrastés, où se mêlent le soulagement et un fort ressentiment, dirigé avant tout contre l'Allemagne.

Pour une frange importante du pays, qui n'hésite pas à convoquer les fantômes de la Seconde Guerre mondiale, l'arrangement de Bruxelles apparaît comme une cinglante défaite: le pays sort humilié des tractations et devra endurer de nouvelles mesures d'austérité.

Le Premier ministre Alexis Tsipras doit désormais rentrer à Athènes avec la délicate mission de convaincre ses compatriotes du bien-fondé des réformes sur lesquelles les dirigeants européens et lui-même se sont mis d'accord au bout d'une négociation marathon conclue par une ultime nuit blanche (voir et ).

Il devra notamment tenter de juguler la gronde au sein de son propre parti de gauche radicale, Syriza, et séduire une partie de l'opposition dans l'espoir de faire accepter un nouveau train de réformes.

Avant même la publication des grandes lignes de l'arrangement, l'un de ses ministres l'a jugé "non viable" et a prédit la tenue d'élections anticipées dans les mois à venir.

Alexis Tsipras devra aussi convaincre le peuple grec, mis à l'épreuve par des années de récession, la fermeture récente des banques et le contrôle des retraits de liquidités.

"C'est une forme de victoire, mais une victoire à la Pyrrhus car ces mesures sont très strictes", se désolait lundi matin Marianna, une Athénienne de 73 ans. "Les Grecs ont souffert ces cinq dernières années et ce n'est pas fini. Voilà pourquoi la situation est difficile pour nous."

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