Le tourisme grec rattrapé à son tour par la crise

lundi 29 juin 2015 02h29
 

par Matthias Williams et Michele Kambas

PAROS, Grèce, 29 juin (Reuters) - Quand on lui demande ce qu'il pense d'Alexis Tsipras, Alexis Kalaitzoglou, qui tient une boutique sur l'île touristique de Paros, mime un violent coup de pied, comme s'il voulait frapper le Premier ministre grec ou le chasser.

Sa colère s'explique par la volonté des "institutions", les créanciers de la dette, de relever le taux de la TVA sur des biens et service qui fondent le tourisme, le seul secteur en bonne santé de l'économie grecque.

Elle se nourrit aussi de l'incertitude accrue sur l'avenir de son pays depuis que le chef du gouvernement a annoncé un référendum sur les propositions des créanciers, entraînant la fin des négociations et des mesures de contrôle des capitaux qui entrent en vigueur ce lundi.

Kalaitzoglou et sa famille vendent des confitures, du miel et des produits de l'artisanat aux touristes qui se pressent sur cette île de la mer Egée. "La mer et le tourisme forment la colonne vertébrale de notre économie. Si nous touchons aussi à cela, il n'y aura plus d'avenir", dit cet homme de 62 ans.

Les "institutions" réclament notamment un relèvement à 23% du taux de TVA sur la restauration, à 13% sur l'hôtellerie, et la fin du régime d'exemptions fiscales en vigueur sur les îles. Ces exonérations visent à assurer une forme de continuité territoriale et prennent en compte par exemple les coûts de transports des produits, plus élevés que sur le continent.

Face à un relèvement des taux, les restaurateurs auraient le choix entre répercuter l'augmentation sur les additions réglées par leurs clients ou payer la différence de leur poche. "Si la TVA passe à 23%, il vaudra mieux se jeter en mer et en finir avec ça", affirme Kalaitzoglou.

"SI LE TOURISME EST TOUCHÉ..."   Suite...