Pour Podemos, l'Allemagne et le FMI menacent le projet européen

dimanche 28 juin 2015 00h32
 

MADRID, 28 juin (Reuters) - Pablo Iglesias, le secrétaire général du parti de la gauche radicale espagnole Podemos, a estimé samedi soir que le Fonds monétaire internationale (FMI) et le gouvernement allemand mettaient en péril le projet européen en isolant la Grèce.

"L'avenir de l'Europe aujourd'hui est en danger", a-t-il dit au soir d'une journée où les pays de la zone euro, tirant les conséquences du référendum sur la crise de la dette annoncé par le Premier ministre grec Alexis Tsipras, ont refusé de prolonger le plan de renflouement et réfléchi aux conséquences d'un probable défaut grec.

"A mon avis, le problème, ce n'est pas la Grèce, le problème, c'est l'Europe", a poursuivi Iglesias, qui s'exprimait en marge d'un rassemblement de soutien à la Grèce auquel ont participé plusieurs centaines de personnes à Madrid.

"L'Allemagne et le FMI sont en train de détruire le projet politique de l'Europe. Le FMI et le gouvernement allemand attaquent la démocratie", a ajouté le chef de file de Podemos (Nous pouvons), qui mène campagne sur un programme similaire au parti de la gauche radicale Syriza de Tsipras.

Podemos, qui a créé la surprise en faisant élire cinq députés aux élections européennes du printemps 2014 quelques mois à peine après sa formation, a également signé une solide performance lors des élections municipales et régionales du mois dernier, même si le parti ne présentait pas de listes sous son nom mais avait opté pour une stratégie de soutien à des collectifs locaux qui l'ont emporté notamment à Madrid et à Barcelone.

Podemos et les centristes de Ciudadanos (les citoyens) menacent espèrent que les élections législatives de l'automne prochain mettront un terme au bipartisme qui structure la vie politique espagnole depuis le rétablissement de la démocratie. (Silvio Castellanos et Pablo Foley; Henri-Pierre André pour le service français)