Les retraités grecs "dans le rouge" malgré un régime avantageux

mardi 16 juin 2015 17h43
 

par Lefteris Papadimas et Angeliki Koutantou

ATHENES, 16 juin (Reuters) - "Je suis toujours dans le rouge. Je ne peux même pas envisager d'aller au cinéma ou au théâtre, comme je le faisais avant", se lamente Zina Razi, une retraitée grecque de 79 ans dont le cas, loin d'être isolé, explique en partie l'échec des discussions entre Athènes et ses créanciers.

Sa situation, qui lui permettait tout juste de régler ses factures d'eau et d'électricité, s'est encore dégradée depuis qu'elle doit subvenir aux besoins de son fils, désormais sans emploi.

Malgré les mesures d'austérité draconiennes imposées depuis cinq ans, les bailleurs internationaux réclament de nouvelles coupes budgétaires, notamment sur le terrain des retraites, ce qu'Athènes refuse en dépit du risque de faillite des comptes publics et de sortie de la zone euro.

Le Premier ministre Alexis Tsipras les a accusé mardi de vouloir "humilier" son gouvernement.

Bien que beaucoup de ses bénéficiaires aient du mal à joindre les deux bouts, le régime grec des retraites semble beaucoup trop généreux aux yeux des créanciers, compte tenu de la situation financière. En 2012, année sur laquelle portent les derniers chiffres d'Eurostat, les dépenses consacrées aux retraites représentaient 17,5% du PIB grec, un chiffre sans équivalent au sein de l'Union européenne.

Le régime, trois fois plus coûteux que celui de l'Allemagne, a été largement réformé, mais il reste avantageux, en particulier dans la fonction publique et les professions à risque.

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